La controverse de Sion. Douglas Reed.

La véritable histoire de l’humanité.

  • Chapitre 1 Les Débuts de l'affaire.

    Le véritable début de cette affaire prit place un jour de l’an 458 av. J.-C., date que ce récit atteindra au chapitre six. Ce jour-là, l’insignifiante tribu palestinienne de Juda (précédemment désavouée par les Israélites) produisit une doctrine raciste, dont l’effet perturbateur sur les affaires humaines postérieures dépassa peut-être celui des explosifs ou des épidémies. Ce fut le jour où la théorie de la race supérieure fut mise en place en tant que « Loi ». En ce temps-là, Juda était une petite tribu parmi les peuplessujets du roi de Perse, et ce qu’on connaît aujourd’hui comme « l’Occident » n’était même pas concevable. Maintenant, l’ère chrétienne a presque deux mille ans, et la « civilisation occidentale » qui en est issue est menacée de désintégration. C’est la doctrine née en Juda il y a 2500 ans qui, de l’opinion de l’auteur, a principalement amené cela. Le procédé, de la cause originelle à l’effet actuel, peut être assez clairement retracé, parce que cette période est pour l’essentiel historiquement vérifiable. La doctrine qu’un groupe de fanatiques produisit ce jour-là s’est montrée d’un grand pouvoir sur les esprits humains tout au long de ces vingt-cinq siècles ; d’où son exploit destructeur. Pourquoi elle est née à ce moment particulier, ou même jamais, cela rien ne peut l’expliquer. Cela fait partie des plus grands mystères de notre monde, à moins que la théorie comme quoi chaque action produit une réaction égale opposée ne soit valide dans le domaine de la pensée religieuse ; de sorte que l’impulsion qui, en ces temps reculés, lança de nombreux hommes à la recherche d’un Dieu aimant et universel produisit cette contre-idée violente d’une divinité exclusive et vengeresse. Le juda-ïsme était rétrograde même en 458 av. J.-C., quand les hommes du monde connu commencèrent à détourner leurs regards des idoles et des dieux tribaux et à rechercher un Dieu de tous les hommes, un Dieu de justice et d’amitié entre voisins. Confucius et Bouddha avaient déjà montré ce chemin et l’idée d’un Dieu unique était connue parmi les peuples voisins de Juda. De nos jours on clame souvent que l’homme de foi, chrétien, musulman ou autre, doit présenter ses respects au judaïsme - quelles que soient ses erreurs - sur un terrain incontestable : ce fut la première religion universelle, si bien que dans un sens, toutes les religions universelles descendent de lui. On apprend cela à chaque enfant juif. En vérité, l’idée d’un Dieu unique de tous les hommes était connue bien avant que la tribu de 9 Juda n’ait même pris forme, et le judaïsme était par dessus tout la négation de cette idée. Le Livre des Morts égyptien (dont les manuscrits furent trouvés dans les tombes des rois de 2600 av. J.-C., plus de deux mille ans avant que la « Loi » judaïque ne soit achevée) contient ce passage : « Tu es l’unique, le Dieu des tout premiers commencements du temps, l’héritier de l’immortalité, par toi seul engendré, tu t’es toi-même donné naissance ; tu a créé la terre et a fait l’homme. » Inversement, les Écritures produites dans la Juda des Lévites demandent, « Qui est comparable à toi, Ô Seigneur, parmi les Dieux ? » (l’Exode). La secte qui rejoignit et mata la tribu de Juda prit ce concept émergent d’un Dieu unique de tous les peuples et l’inclut dans ses Écritures uniquement pour le détruire et pour dresser la doctrine basée sur sa négation. Ce concept est nié subtilement, mais avec mépris, et comme la doctrine est basée sur la théorie de la race supérieure, cette négation est nécessaire et inévitable. Une race supérieure, s’il doit y en avoir une, doit elle-même être Dieu. La doctrine qui avait acquis la force de la justice en vigueur en Juda en 458 av. J.-C. était alors et est toujours unique au monde. Elle reposait sur l’assertion, attribuée à la divinité tribale (Jéhovah), que « les Israélites » (en fait, les Judaïtes) étaient son « peuple élu » qui, s’il accomplissait toutes ses « lois et jugements » serait placé au dessus de tous les autres peuples et établi sur une « Terre promise ». De cette théorie, que ce soit par anticipation ou nécessité imprévue, naquirent les théories pendantes de la « captivité » et de la « destruction ». Si Jéhovah devait être adoré, comme il le demandait, dans un certain lieu, sur une terre précise, tous ses adorateurs devaient vivre là-bas. À l’évidence, tous ne pouvaient vivre là-bas, mais s’ils vivaient ailleurs, que ce soit contraints ou par leur propre choix, il devenaient automatiquement « captifs » de « l’étranger » qu’il devaient « chasser » « terrasser » et « détruire ». Étant donné ce principe de base de la doctrine, cela ne faisait aucune différence que les « géôliers » soient des conquérants ou des hôtes accueillants ; leur destinée décrétée devait être la destruction ou l’esclavage.
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Chapitre 46 LE CLIMATERE (1).

Publié par alkali sur mars 25, 2008

Chapitre 46
LE CLIMATERE (1)
Ce livre, d’abord écrit entre 1949 et 1952, a été réécrit dans les
années 1953-1956, et son chapitre de fin en octobre-novembre 1956.
C’était un moment opportun pour résumer l’impact du sionisme
talmudique sur les affaires humaines, car seulement cinquante ans,
soit la moitié du « siècle juif », étaient alors passés depuis le jour où il
perça la croûte de la surface politique, après avoir été immergé
pendant quelque 1800 ans.65 (L’offre britannique de l’Ouganda en 1903
fut la première révélation officielle que les politiciens occidentaux
étaient en train de négocier en secret avec « le pouvoir juif » en tant
qu’entité. Aujourd’hui, on peut voir l’accueil du Dr Weizmann dans la
chambre d’hôtel de M. Balfour en 1906, après le rejet sioniste de
l’Ouganda, comme la deuxième étape, et la première étape sur le
chemin fatal de l’implication totale dans le sionisme palestinien.)
En 1956, aussi, la révolution (que je considère à notre époque
comme avoir été manifestement talmudique) avait également environ
cinquante ans (depuis les poussées révolutionnaires ayant suivi la
défaite de la Russie par le Japon en 1905) dans son rôle de facteur
permanent dans nos vies quotidiennes (ses racines, bien sûr,
remontent à Weishaupt et à la Révolution française en passant par
1848, et à la révolution anglaise et Cromwell).
Finalement, 1956 fut l’année d’une élection présidentielle de plus
en Amérique, et celle-là, plus ouvertement qu’aucune autre avant elle,
fut maintenue sous la pression paralysante du sionisme.
Par conséquent, si j’avais pu le prévoir quand j’ai commencé ce
livre en 1949 (je n’étais guère en mesure d’établir un tel échéancier), je
n’aurais pas pu choisir un meilleur moment que l’automne de 1956
pour passer en revue le processus décrit, ses conséquences jusqu’à
cette date, et le dénouement apparent, maintenant à portée de main :
l’apogée vers laquelle ce processus était entièrement destiné à mener).
En écrivant ce livre, j’avais peu d’espoir, pour les raisons que j’ai
données, qu’il serait publié une fois terminé ; à ce stade du « siècle
juif », cela semble peu probable. S’il ne paraît pas maintenant, je crois
65 En 1952 environ, un poisson coelentéré, d’une espèce jusqu’alors considérée comme
disparue depuis des millions d’années, fut ramené à la surface de l’Océan Indien (portant
gravement atteinte à la chaîne de la théorie darwinienne par son apparition, tout comme le
fait de découvrir, un peu plus tard, que le crâne de Piltdown était un faux). L’émergence du
sionisme lévitique, quand il émergea à la surface politique du XXe siècle, fut une surprise
quelque peu similaire venue des profondeurs.
619
qu’il sera encore valide dans cinq, dix ans ou même plus, et je
m’attends à ce qu’il soit publié un jour ou l’autre, parce que j’anticipe
l’effondrement, tôt ou tard, de la loi totale d’hérésie qui empêche de
discuter ouvertement de « la question juive » depuis ces trois dernières
décennies. Un jour, on débattra à nouveau du sujet librement, et ce
que ce livre rapporte sera alors pertinent.
Quelles que soient les conséquences à cet égard, j’ai terminé le
livre en octobre-novembre 1956 et quand je regarde autour de moi, je
constate que tout est en train de devenir exactement comme ce qui
devait être prédit d’après la suite d’événements relatés dans ce livre.
L’année a été remplie de rumeurs de guerre, plus fortes et plus
insistantes qu’aucune autre depuis la fin de la Seconde Guerre en
1945, et venues des deux endroits d’où elles étaient destinées à venir,
étant donné les dispositions prises en 1945 par les « têtes d’affiche
politiques » d’Occident. Elles viennent de Palestine, où les sionistes de
Russie ont été installés par l’Occident, et d’Europe de l’Est, où la
révolution talmudique a été installée par l’Occident. Ces deux
mouvements (je le rappelle à nouveau) sont ceux dont le Dr Weizmann
a montré qu’ils prirent forme à l’intérieur des mêmes maisons (royales)
juives de Russie au XIXe siècle : le communisme révolutionnaire et le
sionisme révolutionnaire.
À deux moments pendant ces dernières années, les bruits de
guerre causés par les politiciens occidentaux furent plus forts qu’à
aucun autre moment. À chaque occasion, la cause immédiate de
l’explosion fut rapidement perdue de vue dans le tollé concernant le
cas particulier « des juifs », si bien que, même avant que la guerre
mondiale ne commence (dans les deux cas, la menace s’estompa) elle
fut présentée à la population comme la guerre qui, si elle arrivait,
serait combattue en premier, pour, de la part de ou en défense « des
juifs » (ou d’« Israël »).
J’ai précédemment émis l’avis que toute troisième guerre mondiale
serait de cette nature, car les événements de 1917-1945 menèrent
inévitablement à cette conclusion, qui a grandement été renforcée par
les événements de 1953 et 1956. Les guerres qui en 1953 et 1956
semblaient menacer auraient été manifestement menées par l’Occident
à cette condition, cette fois bien plus explicitement déclarée à l’avance
qu’aux deux précédentes occasions. D’ici à ce que ce livre soit publié,
le « public » à la courte mémoire, s’il n’a pas été à nouveau affligé par
la guerre généralisée, aura peut-être oublié les crises de guerre, ou les
crises de la presque-guerre, de 1953 et 1956, de sorte que je vais
brièvement les rapporter.
En 1953, des juifs apparurent en tant que prisonniers dans l’un
des innombrables simulacres de procès annoncés (celui-là n’eut jamais
lieu) à Moscou. Cela causa un violent tumulte parmi les politiciens
620
occidentaux, qui à nouveau et d’une seule voix crièrent que « les juifs »
étaient en train d’être « exterminés » et « sélectionnés » pour la
« persécution ». Le tollé avait atteint le ton de la menace belliqueuse
quand Staline mourut, le procès fut annulé et la clameur cessa
brusquement. Pour moi, cet épisode indiqua clairement que si une
guerre « contre le communisme » arrivait (ce dont les politiciens et les
journaux occidentaux parlaient à l’époque comme d’une probabilité
admise), elle serait menée, et cette fois même ouvertement, pour « les
juifs ». La multitude générale de l’humanité asservie resterait non
secourue, comme en 1945.
En juillet 1956, des menaces de guerre furent prononcées quand
l’Égypte nationalisa le canal de Suez. Pendant les premiers jours de
cette crise de guerre, le Premier ministre britannique justifia ses
menaces au peuple britannique, par l’argument que l’action de
l’Egypte mettait en péril « la corde de sécurité vitale britannique ». Très
vite, il passa à l’argument (qu’il considérait sans doute comme plus
efficace) que « la prochaine action de l’Égypte, si on lui permet de
réussir, sera d’attaquer Israël ». L’État sioniste commença alors à
apparaître aux actualités comme la première victime du contrôle
égyptien du canal de Suez. Par conséquent, la guerre au Moyen-
Orient, si elle se produisait, serait aussi une guerre « pour les juifs ».
Troisièmement, 1956 vit une élection présidentielle se tenir pour
la septième fois sous la pression directe, et pour la troisième fois sous
la pression ouverte, des sionistes de New York. La campagne électorale
devint une lutte publique pour « le vote juif », avec les partis rivaux
surenchérissant dans les promesses d’armes, d’argent et de garanties
à l’État sioniste. Les deux partis, au bord de la guerre dans cette partie
du monde, s’engagèrent publiquement à soutenir « Israël » dans
quelque circonstance que ce soit.
Ces résultats du processus que j’ai décrit depuis son début étaient
prévisibles. La conclusion à tirer pour l’avenir semble inéluctable : les
millions d’habitants d’Occident, par leurs politiciens et leur propre
indifférence, sont enchaînés à une poudrière dont l’amorce est prête à
s’enflammer ; l’Occident s’approche de l’apogée de sa relation avec
Sion, commencée officiellement il y a cinquante ans, et l’apogée est
précisément ce qui devait être prévu quand cette soumission servile
débuta.
À notre siècle, chacune des deux grandes guerres fut suivie par de
nombreux livres de révélations, dans lesquels les origines de la guerre
étaient minutieusement examinées et découvertes comme étant
différentes de ce que l’on avait raconté à la population - ou la foule - et
la responsabilité était localisée ailleurs. Ces livres ont reçu
l’approbation générale de la part de ceux qui les ont lus, car un esprit
d’investigation suit toujours la crédulité de la période de guerre.
621
Cependant, l’effet qu’ils produisent est éphémère et l’on peut s’attendre
à ce que la majorité de la population ne se révèle pas moins réceptive à
la forte pression de l’incitation au début d’une autre guerre, car la
résistance de masse à la propagande de masse est insignifiante, et le
pouvoir de la propagande est aussi enivrant que toxique.
Est-ce que l’information publique complète à propos des causes de
la guerre serait efficace contre cet instinct humain continuel (« Par un
instinct divin, les esprits des hommes pressentent le danger
imminent ») si elle était donnée avant que la guerre n’éclate, je ne peux
le présumer ; je crois bien que cela n’a jamais été tenté auparavant.
L’une des modestes ambitions de ce livre est d’établir que les origines,
la nature, et la responsabilité d’une guerre peuvent être montrées
avant qu’elle ne commence, et non uniquement après qu’elle a suivi
son cours. Je crois que l’ensemble de ce livre a démontré cela, et que
son raisonnement a déjà été corroboré par les événements.
Je crois aussi que les événements particuliers des années 1953-
1956 en Occident renforcent grandement son raisonnement et la
conclusion qui en est tirée, et pour cette raison, je consacre la fin de
son dernier chapitre à un résumé des événements pertinents de ces
années ; (1) dans la région asservie par la révolution ; (2) à l’intérieur
et autour de l’État sioniste : et (3) dans « le monde libre » d’Occident,
respectivement. Ils m’apparaissent comme ajoutant le mot de la fin à
l’histoire ainsi racontée : l’Apogée, proche ou à portée de main.
Interpolation de l’auteur : la partie précédant ce chapitre de fin,
jusqu’aux mots « l’Apogée, proche ou à portée de main », a été écrite le
vendredi 26 octobre 1956. Je suis ensuite parti pour le week-end, ayant
l’intention de reprendre et de terminer le chapitre le mardi 30 octobre
1956 ; un premier brouillon était déjà rédigé. Quand je l’ai repris ce jourlà,
Israël avait envahi l’Égypte, le lundi 29 octobre 1956. Par conséquent,
le reste du chapitre est écrit à la lumière de événements qui ont suivi ;
cela le rend plus long que prévu.
1. La Révolution
Dans la région de la révolution, qui fut gonflée pour asservir la
moitié de l’Europe, la mort de Staline en 1953 fut suivie d’une série de
soulèvements populaires en 1953 et 1956.
Ces deux événements réjouirent la monde qui regardait, car ils
ravivèrent l’espoir quasi oublié qu’un jour, la révolution destructrice
s’autodétruirait et que les hommes et les nations seraient à nouveau
libres. Cette signification claire fut alors embrouillée par l’intrusion
forcée, dans chacun de ces événements, de « la question juive ». Au
« siècle juif », les populations furent empêchées de recevoir ou de tenir
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compte des nouvelles concernant tout événement important, excepté
en termes de ses conséquences éventuelles « pour les juifs ».
La mort de Staline (le 6 mars 1953) fit tressaillir le monde, parce
que la vie de cet homme, qui causa probablement la mort et
l’asservissement de plus d’êtres humains qu’aucun autre homme dans
l’Histoire, en était venue à paraître interminable, comme le
déroulement d’un serpent.66 Les circonstances de sa mort restent
sombres, mais le timing des événements qui l’accompagnèrent est
peut-être significatif.
Le 15 janvier 1953, les journaux moscovites annoncèrent que neuf
hommes devaient passer en justice sur accusation de conspiration
d’assassinat de sept importants notables communistes. Six ou sept de
ces neuf hommes étaient juifs (les récits divergent). Les deux ou trois
autres auraient aussi bien pu ne jamais être nés, pour ce que le
monde entier entendit parler d’eux, car dans le tumulte qui s’éleva
immédiatement en Occident, l’affaire fut surnommée celle des
« docteurs juifs ».67
En février, alors que la clameur occidentale continuait, des
diplomates qui virent Staline firent remarquer sa bonne mine et sa
bonne humeur.
Le 6 mars, Staline mourut. Un mois plus tard, les « docteurs
juifs » furent relâchés. Six mois plus tard, le chef terroriste de Staline,
Lavrenti Beria, fut fusillé pour les avoir arrêtés, et les accusations
furent dénoncées comme étant fausses. Concernant la mort de Staline,
un éminent correspondant américain à Moscou, M. Harrison
Salisbury, écrivit qu’après sa mort, la Russie fut gouvernée par un
groupe ou une junte « plus dangereuse que Staline », constituée de
Messieurs Malenkov, Molotov, Boulganine et Kaganovitch. Pour gagner
66 Sa place de dirigeant fut brièvement reprise par un certain Gueorgui Malenkov, qui la
céda à des duumvirs, Nikita Khrouchtchev (leader du parti) et Nikolay Bulganin (Premier
ministre). Le monde ne put dire dans quelle mesure ils héritèrent du pouvoir personnel de
Staline ou furent dominés par d’autres. Survivant de tous les changements et purges, M.
Lazare Kaganovitch, un Juif, demeura Vice-Premier ministre tout au long et à l’anniversaire
bolchévique en novembre 1955, fut choisi pour dire au monde : «Les idées révolutionnaires
ne connaissent pas de frontières». Quand les duumvirs visitèrent l’Inde ce mois là, le New
York Times, demandant qui dirigeait l’Union soviétique en leur absence, répondirent «Lazare
Kaganovitch, leader communiste chevronné». M. Kaganovitch fut parmi les proches les plus
anciens et les plus intimes de Staline, mais ni cela ni aucun autre fait pertinent (en rapport)
ne dissuada la presse occidentale d’attaquer Staline, dans ces derniers mois, comme étant
le nouvel «Hitler» antisémite.
67 Ce tollé en Occident avait commencé dix semaines plus tôt, la veille de l’élection
présidentielle en Amérique, en vertu d’un procès à Prague, où onze accusés sur quatorze
furent pendus, après les «confessions» habituelles, sur les accusations de conspiration
sioniste. Trois des victimes n’étaient pas juives, mais elles auraient aussi bien pu, elles
aussi, ne pas être nées ou pendues, étant donné l’attention qu’elles reçurent dans la presse
occidentale.
623
du pouvoir, dit-il, la junte aurait pu tuer Staline, tout le désignait ;
« s’il se trouve que Staline fut terrassé par une rupture artérielle
cérébrale le 2 mars, on doit s’en rappeler comme étant l’un des
événements les plus fortuits de l’histoire ».
Pour l’Occident, ces circonstances et possibilités concomitantes à
la mort de Staline n’avaient aucun intérêt. La période entière des neuf
mois et quelques, entre le procès de Prague (et l’élection présidentielle)
et la liquidation de Beria fut remplie par le tumulte en Occident à
propos de « l’antisémitisme en Russie ». Alors que la clameur
continuait (elle cessa après que « les docteurs juifs » furent relâchés et
innocentés), des choses furent dites qui semblaient clairement signifier
que toute guerre occidentale contre l’union communiste serait menée,
comme celle contre l’Allemagne, uniquement au nom « des juifs », ou
de ceux qui prétendaient représenter les juifs. En 1953, la Russie
soviétisée était considérée comme le nouveau monstre antisémite,
comme l’Allemagne en 1939 et la Russie tsariste en 1914. Cette
question, responsable d’une grande confusion, à en juger par le tohubohu
propagandiste de cette période, aurait à nouveau embrouillé la
bataille et dupé les nations.
Le timing de cette campagne est significative, et ne peut plus être
expliquée par la théorie de la coïncidence. Afin de donner le maximum
d’impact à la « machine à pression » en Amérique, la « question juive »
doit devenir pénétrante durant toute période d’élection présidentielle
là-bas. De nos jours, elle devient toujours pénétrante à cette période
précise, sous l’une de ses deux formes : « l’antisémitisme » quelque
part (c’est ce qui se passa en 1912, 1932, 1936, 1940 et 1952) ou un
péril pour « Israël » (c’est ce qui se passa en 1948 et en 1956). On peut
faire sans trop de risque la prédiction qu’elle dominera l’élection
présidentielle de 1960, sous l’une de ces deux formes.
Rien ne changea la situation des juifs en Russie à cette époque.68
Quelques juifs avaient été inclus parmi les accusés à un procèsspectacle
à Prague et à un autre annoncé, mais jamais tenu, à
Moscou. Les trente-cinq ans de communisme avaient vu
d’innombrables procès-spectacles ; le monde était devenu indifférent
tant ceux-ci étaient familiers. Comme l’état terroriste était basé sur
l’emprisonnement sans aucun procès, les procès-spectacles étaient
manifestement tenus uniquement afin de produire quelque impact,
soit sur les masses soviétisées, soit sur le monde extérieur. Même
l’accusation de « conspiration sioniste » n’était pas nouvelle ; elle avait
été faite dans quelques procès des années 20, et dès le début le
communisme (comme en témoignent Lénine et Staline) avait déclaré le
68 Qui, selon les « estimations » juives en cours, comptait quelque deux millions, soit environ
un pour cent de la population soviétique totale (déclarée comme étant de 200 000 000 par le
Manuel Statistique de l’Économie Soviétique du gouvernement Soviétique, en juin 1956).
624
sionisme officiellement illégal, tout en fournissant aux sionistes de
Russie les armes afin d’établir « Israël » en 1948.
S’il est vrai que Staline alla plus loin qu’il n’était permis en
attaquant le « sionisme » à cette occasion, sa mort suivit rapidement.
Jusqu’à la fin, il ne fut manifestement pas anti-juif. M. Kaganovitch
demeura son bras droit. Quelques jours avant de mourir, Staline
ordonna que l’une des funérailles les plus pompeuses jamais vues
dans la Moscou soviétique soit donnée pour Léon Mekhlis, l’un des
commissaires juifs du peuple les plus craints et les plus haïs de ces
trente cinq ans. Le cercueil de Mekhlis fut porté par tous les grands
pontes survivants de la révolution bolchevique, qui se partagèrent la
surveillance de son exposition solennelle, si bien que cela était
clairement un avertissement envers la population russe captive, si cela
était encore nécessaire, que « la loi contre l’antisémitisme » était plus
que jamais en vigueur. Immédiatement après les funérailles de Mekhlis
(le 27 janvier 1953), le « Prix Staline de la Paix » fut présenté en grande
pompe à l’apôtre de la vengeance talmudique, M. Ilya Ehrenbourg,
dont les retransmissions à l’Armée rouge alors qu’elle avançait en
Europe l’incitaient à ne pas épargner « même les fascistes à naître ».
Quelques jours avant sa mort, Staline poussa l’Étoile Rouge [journal
militaire soviétique - NdT] à déclarer que le combat contre le sionisme
« n’avait rien à voir avec l’antisémitisme ; le sionisme est l’ennemi du
peuple ouvrier dans le monde entier, des juifs autant que des gentils ».
La situation critique des juifs, dans leur infime minorité en
Russie, n’avait ainsi guère changé pour le mieux ou pour le pire. Ils
avaient toujours « un plus haut niveau d’égalité en Union soviétique
que dans aucune autre partie du monde » (pour reprendre la réponse
railleuse donnée à cette époque par un témoin juif à un membre du
Congrès républicain, M. Kit Clardy, devant une commission du
Congrès - M. Clardy ayant demandé : « Ne vous révulsez-vous pas
d’horreur en voyant ce que la Russie soviétique fait aux juifs ? »). Ils
demeuraient une classe privilégiée.
Le tollé en Occident était donc artificiel et n’avait aucune base
factuelle, et pourtant il atteint un degré très proche de la véritable
menace de guerre, et aurait pu monter jusqu’à ce niveau si Staline
n’était pas mort et si « les docteurs juifs » n’avaient pas été relâchés (je
n’ai jamais pu découvrir si les docteurs non-juifs avaient aussi été
libérés). Il ne pouvait y avoir qu’une raison à cela : le sionisme avait été
attaqué, et en 1952-3, l’opposition au sionisme était jugée par les
politiciens aux avant-postes d’Occident comme étant de « l’hitlérisme »
et de la provocation de guerre. L’épisode montra que cette propagande
d’incitation peut être déclenchée par simple pression d’un bouton et
être « transmise » dans n’importe quelle direction selon l’évolution des
besoins (sans exclure l’Amérique, à long terme). Une fois que cette
625
propagande a été amenée à son paroxysme, elle est utilisée pour
soutirer les « engagements » qui sont invoqués plus tard.
La période de six mois, entre la nomination et l’élection, l’élection
et l’investiture est celle durant laquelle les présidents américains se
trouvent alors sous cette pression. Le président Eisenhower, en 1952-
3, se trouva sous la même pression que le président Woodrow Wilson
en 1912-3, M. Roosevelt en 1938-9, et le président Truman en 1947-8.
Toute la période de son démarchage électoral, sa nomination, son
élection et son investiture fut dominée par « la question juive » sous
ses deux formes : « l’antisémitisme » ici, là ou partout, et l’aventure en
Palestine. Immédiatement après sa nomination, il dit à un certain M.
Maxwell Abbell, président de la United Synagogue of America (la
Synagogue Unie d’Amérique - NdT) : « Le peuple juif ne pourrait avoir
un meilleur ami que moi… J’ai grandi en croyant que les juifs étaient
le peuple élu et qu’ils nous avaient donné les principes éthiques et
moraux élevés de notre civilisation » (dans tous les journaux juifs,
septembre 1952).69
C’était l’engagement fondamental, familier à notre siècle et
toujours pris afin de signifier beaucoup plus que ne peuvent le
comprendre ceux qui le prennent. Immédiatement après cela, le procès
de Prague eut lieu et le président Eisenhower, fraîchement élu, fut
manifestement poussé à faire quelque chose de plus spécifique. Dans
un message à un Jewish Labor Committee à Manhattan (21 décembre
1952), il dit que le procès de Prague « était désigné à lancer une
campagne d’antisémitisme fanatique à travers l’Europe soviétique et
les nations satellites d’Europe de l’Est. Je suis honoré de me tenir aux
côtés de la Communauté juive… pour montrer au monde l’indignation
que ressent toute l’Amérique face aux outrages perpétrés par les
Soviétiques envers les principes sacrés de notre civilisation ».
Les « outrages » à ce moment-là consistaient en la pendaison de
onze hommes, dont trois étaient des gentils, parmi les millions mis à
mort durant les trente-cinq ans bolcheviques ; leur sort n’était pas
inclus dans ces « outrages ». Le nouveau président n’aurait pu savoir
quelle « campagne » le procès était « destiné à lancer », et
d’innombrables autres procès n’avaient reçu aucune dénonciation
présidentielle. Ces paroles mettaient implicitement dans le même sac
les captifs du communisme, eux aussi, et la bande « antisémite », car
ils étaient qualifiés de « nations satellites » et le sens premier de
« satellite » est « un membre de la suite d’un prince ou d’une autre
69M. Eisenhower ajouta que « sa mère les avait élevés, son frère et lui, selon les
enseignements de l’Ancien Testament ». Cette allusion quelque peu sibylline se réfère à la
secte chrétienne des Témoins de Jéhovah, au sein de laquelle M. Eisenhower et ses frères
furent élevés dans la maison parentale.
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personne de pouvoir ; d’où, personne à charge ou disciple servile »
(Webster’s Dictionary). En tant que commandant dont l’ordre militaire,
émis en accord avec le dictateur soviétique, avait assuré leur captivité,
le choix des mots du président Eisenhower était étrange. Il reflétait
l’attitude de ceux qui étaient capables de mettre la « pression » sur les
présidents et les gouvernements américains. Pour eux,
l’asservissement de millions de personnes ne signifiait rien ; à vrai
dire, ils utilisaient leur pouvoir pour le perpétuer.
Cet état de fait fut reflété, à nouveau, dans deux des premiers
actes du nouveau président. En cherchant à être élu, il avait fait appel
à la forte aversion des Américains pour l’acte de 1945, en s’engageant
à répudier les accords de Yalta - la charte politique de son propre
ordre militaire, qui stoppa l’avancée des Alliés à l’ouest de Berlin,
abandonnant ainsi l’Europe de l’Est au communisme - en ces termes
explicites :
« Le gouvernement des États-Unis, sous la direction républicaine,
refusera de respecter tous les engagements contenus dans les
accords secrets tels que ceux de Yalta qui contribuent à
l’asservissement communiste ».
Une fois élu, le nouveau président envoya au Congrès (20 février
1953) une résolution proposant tout bonnement que le Congrès le
rejoigne « en rejetant toute interprétation ou application… d’accords
secrets qui ont été pervertis pour provoquer l’assujettissement de
personnes libres ». À cette époque, il avait déjà fait référence aux
peuples asservis en tant que « satellites ». Comme la résolution ni ne
« répudiait », ni même ne faisait référence à « Yalta », ce fut une
déception pour le parti dirigé par le président Eisenhower, et
finalement elle fut abandonnée complètement.
À la place, le nouveau président transmit au Congrès une
résolution condamnant « les campagnes vicieuses et inhumaines
contre les juifs » sur le territoire soviétique. Ainsi « les asservis » furentils
complètement effacés et « les juifs » furent mis à leur place, un
amendement typique de notre époque. Le département d’État, en
sueur, réussit à faire amender cette résolution pour y inclure
« d’autres minorités ». Les « estimations » juives actuelles sont qu’il y a
en tout « environ 2 500 000 juifs derrière le Rideau de Fer », où les
captifs non-juifs se montent à entre 300 et 350 millions ; ces
populations, qui incluaient des nations entières comme les Polonais,
les Hongrois, les Bulgares et les Ukrainiens, sans parler des nations
plus petites ou mêmes des Russes eux-mêmes, furent « mises en tas »
en deux mots : « autres minorités ». Les Sénat adopta cette résolution
(le 27 février 1953) par accord unanime, mais cela ne fut pas jugé
suffisant pour convenir à la règle, si bien que chaque sénateur
américain (comme les membres de la Chambre des communes
627
britannique, sur l’ordre de M. Eden, pendant la guerre) se leva pour
être compté. Quelques-uns qui étaient absent se hâtèrent d’écrire pour
demander que leurs noms soient ajoutés à l’ensemble.
Si les populations derrière « le Rideau de Fer » avaient compris
toute l’histoire de ces deux résolutions, ou avaient été autorisées à en
être informées, elles n’auraient eu aucun espoir (car elles l’espéraient
vraiment) d’un secours américain lors de leurs soulèvement nationaux
contre la terreur, en 1956.
Le président ayant parlé et agi ainsi, le tumulte s’accrut. L’un des
leaders sionistes les plus puissants de cette période (dans la lignée du
juge Brandeis et du rabbin Stephen Wise) était le rabbin Hillel Silver,
qui durant l’élection avait défendu M. Eisenhower contre l’accusation
d’« antisémitisme » (aujourd’hui invariablement utilisée pendant les
élections présidentielles) de la part de l’ex-président Truman, et fut
plus tard invité par le nouveau président à prononcer la « prière pour
la grâce et la guidance » à son investiture. Donc le rabbin Silver peut
être considéré comme un homme parlant d’autorité quand il annonce
que si la Russie était détruite, elle le serait au nom des juifs : il avertit
la Russie qu’« elle sera détruite si elle fait un pacte spirituel avec
l’hitlérisme ». Cette méthode de coller l’étiquette « Hitler » à tout
individu menacé de « destruction » fut adoptée ultérieurement de
manière générale (le président Nasser d’Égypte étant un exemple
typique).
La menace était toujours implicitement la même : « Persécute les
hommes si tu veux, mais tu seras détruit si tu t’opposes aux juifs ». M.
Thomas E. Dewey (deux fois candidat à la présidence et artisan de la
nomination de M. Eisenhower en 1952) surpassa le rabbin Silver lors
de la même réunion (15 janvier 1953) : « Maintenant nous
commençons tous à le voir » (l’antisémitisme en Russie) « comme le
tout dernier, et le plus terrible, programme de génocide jamais lancé…
Le sionisme, en tant que tel, est maintenant devenu un crime et rien
que le fait d’être né juif est maintenant cause de pendaison. Staline a
avalé la dernière goutte du poison de Hitler, en devenant le tout
nouveau persécuteur, et le plus virulent, de la communauté juive… Il
semble que Staline ait l’intention d’admettre au monde entier qu’il
souhaiterait accomplir pour Hitler ce que Hitler n’a pu faire de son
vivant ».
L’extravagance de cette campagne étonne même l’observateur
expérimenté, rétrospectivement. Par exemple, la Gazette de Montréal,
sur laquelle je tombai par hasard durant l’été 1953, déclara dans son
éditorial que « des milliers de juifs sont assassinés en Allemagne de
l’Est » ; le Zionist Record de Johannesburg, trois ans plus tôt (7 juillet
1950), avait déclaré que toute la population juive d’Allemagne de l’Est
628
comptait 4200 âmes, dont la plupart jouissaient de la préférence pour
l’emploi dans l’administration.
Les « engagements » du nouveau président devinrent encore plus
fermes, en tous les cas dans l’esprit de ceux envers qui ils furent
adressés. En mars 1953 - soit juste avant, soit après la mort de Staline
- il envoya une lettre au Jewish Labor Committee mentionné plus
haut, prenant l’engagement (terme utilisé dans le New York Times ; je
n’ai pas le texte entier de son message) que l’Amérique serait « à jamais
vigilante en ce qui concerne toute résurgence d’antisémitisme ». Quand
le comité destinataire tint son congrès à Atlantic City, les « docteurs
juifs » avaient été libérés et tout le tapage s’atténuait, si bien qu’il
n’était plus impatient de rendre la lettre publique et la renvoya à
l’expéditeur. Le président insista à ce qu’elle soit publiée, et la renvoya
« avec une note très sévère condamnant l’antisémitisme soviétique ».
Dans ce monde de fiction propagandiste, les populations
occidentales étaient menées par leur gouvernants de déboires en
déboires. Qui sait où elles auraient été menées à cette occasion, si
Staline n’était pas mort, si les « docteurs juifs » n’avaient pas été
libérés, si le doigt n’avait pas été enlevé du bouton d’incitation des
masses ?
Staline mourut et le tollé « cousu main » (des deux côtés de
l’Atlantique) mourut avec lui. Que se serait-il passé s’il avait vécu et si
« les docteurs juifs » avaient été jugés ? À sa mort, la propagande avait
déjà atteint un niveau de veille de guerre ; le « nouvel Hitler » avait
commencé « le tout dernier, et le plus terrible, programme de génocide
jamais lancé » ; « des milliers de juifs » étaient « assassinés » dans une
région où seuls quelques centaines vivaient : bientôt, ces milliers
seraient devenus des millions, un… deux… six millions. L’holocauste
entier des trente-cinq ans de Lénine et de Staline, avec ses myriades
de victimes et de tombes anonymes, aurait été transformé, par la
sorcellerie de cette propagande, en une « persécution anti-juive » de
plus ; à vrai dire, cela fut accompli, par la mise en suspens de la
promesse du président Eisenhower de « répudier les accords de Yalta
et l’asservissement communiste » et son remplacement par une
résolution qui destinait à la « condamnation » le « traitement vicieux et
inhumain des juifs » (qui continuaient, derrière le Rideau de Fer, à
exercer la terreur sur ceux qui avait été asservis par le communisme).
Pour cette seule cause, si la guerre était survenue, une autre
génération de jeunes occidentaux seraient partis en guerre, en pensant
que leur mission était de « détruire le communisme ».
Staline mourut. La guerre fut épargnée à l’Occident à cette
période, et l’Occident avança en trébuchant, derrière ses leaders
sionisés, vers le prochain déboire, qui fut d’un genre différent. Pendant
les dix ans qui étaient passés depuis la fin de la Seconde Guerre
629
mondiale, leurs leaders les avaient habitués à la pensée qu’un jour, ils
devraient écraser le communisme et ainsi corriger l’action de 1945. La
sincérité des leaders occidentaux sur cette question allait encore être
testée en 1953 et 1956.
En ces années, les populations asservies commencèrent ellesmêmes
à détruire le communisme et à faire grève, pour obtenir cette
libération que le président américain, l’artisan militaire de leur
asservissement, leur promettait mais leur recommandait de ne pas
effectuer de façon militante.70 La mort de Staline sembla avoir un effet
de détente sur la peur paralysante qui étreignait ces peuples, et elle
mit ce processus d’auto-libération en mouvement. L’auteur du présent
livre fut confondu, dans ce cas ci, dans ses attentes. Je croyais, par
observation et par expérience, que tout soulèvement national était
impossible contre les chars et les armes automatiques, et contre les
méthodes quotidiennes de terreur (arrestations, emprisonnements,
déportations ou exécutions sans charges ni procès), qui semblaient
avoir été perfectionnées depuis trois siècles (c’est-à-dire, pendant les
révolutions anglaise, française et russe) à un point tel que, pensais-je,
seul un secours extérieur rendrait un soulèvement possible. J’avais
oublié les ressources infinies de l’esprit humain.
La première de ces révoltes eut lieu dans le Berlin-Est soviétisé, le
17 juin 1953, quand des hommes et des jeunes non armés attaquèrent
les chars soviétiques à coup de barres et de pierres.71 Cet exemple
produisit un résultat sans précédent au plus profond de l’Union
soviétique elle-même : une insurrection au camp slave de Vorkouta
dans le cercle polaire arctique, où les détenus chassèrent les gardes
terroristes du camp et le tinrent pendant une semaine jusqu’à l’arrivée
des troupes de la police secrète de Moscou, qui les matèrent à coup de
tirs de mitrailleuse.
Ces deux soulèvements eurent lieu alors que la clameur
occidentale à propos de « l’antisémitisme derrière le Rideau de Fer »
était encore forte. Aucun tollé similaire ne s’éleva au nom des légions
70 « Alors qu’il proclamait à nouveau la politique de libération, M. Dulles, secrétaire d’État,
nia toute responsabilité des États-Unis dans le soulèvement malheureux en Hongrie. Il dit
qu’au début de l’année 1952, le président et lui avaient invariablement déclaré que la
libération devait être accomplie par des moyens pacifiques et évolutifs ». Déclaration à
Augusta, Géorgie, 2 décembre 1956.
71 Cette révolte fut écrasée, et une revanche impitoyable fut prise par « la terrifiante Frau
Hilde Benjamin » (Le Times, 17 juillet 1953), qui fut promue ministre de la Justice pour
l’occasion, et qui devint tristement célèbre pour ses condamnations à mort (dont celle d’un
jeune adolescent qui distribuait des tracts anti-communistes) et pour sa persécution
particulière de la secte des Témoins de Jéhovah, au sein de laquelle le président Eisenhower
avait été élevé. Dans la pensée populaire et dans les descriptions du journal new-yorkais,
elle était décrite comme « une juive ». Aussi loin que j’aie pu le découvrir par mes
recherches, bien que mariée à un juif, elle n’était pas née juive.
630
d’être humains, cent fois plus nombreuses, dont la situation critique
était révélée une fois de plus. Aucune menace de guerre ou de
« destruction » ne fut prononcée en leur nom contre l’Union soviétique.
Au contraire, les politiques et la presse occidentale les prièrent de
rester calmes et de simplement espérer « la libération » qui, par
quelque moyen non révélé, viendrait à eux un jour d’Amérique - qui les
avait abandonnés en 1945.
Néanmoins, l’attente angoissée de la libération continua à
s’introduire dans les âmes des populations, et à la suite des explosions
de Berlin-Est et de Vorkouta, vinrent les insurrections de Pologne et de
Hongrie en octobre 1956, après que j’eus commencé ce chapitre de fin.
La première fut un soulèvement national spontané. La seconde,
suscitée par la première, devint quelque chose que l’histoire peut
difficilement égaler : une guerre nationale de tout un peuple captif
contre la puissance écrasante du géôlier. Je crois bien que le passage
du temps montrera que cet événement aura marqué soit la
résurrection de « l’Occident » et la renaissance de l’Europe, soit la fin
de l’Europe telle que l’humanité la connaît depuis le dernier millénaire,
et avec elle la fin de tout ce que les mots « l’Occident » ont pu signifier.
Quel que soit l’avenir, quelque chose fut accompli par les
soulèvements d’octobre, et plus particulièrement par les soulèvements
hongrois. Jamais plus la révolution ne pourrait prétendre avoir ne
serait-ce que l’acceptation passive de ses captifs. Ils montrèrent que,
sous le communisme de Karl Marx, ils découvrirent qu’ils n’avaient
rien d’autre à perdre que leurs chaînes et qu’ils préféraient affronter la
mort qu’endurer ces chaînes.
Les causes pour lesquelles les deux nations se soulevèrent étaient
les mêmes, et ils le firent bien comprendre. Ils voulaient, dans chaque
cas, la libération de la nation par le retrait de l’Armée rouge ; la
libération de chaque individu de la terreur par l’abolition de la police
secrète et la punition des terroristes principaux ; la restauration de
leur foi par la libération du chef de leur église (qui dans les deux cas
était en prison) ; la libération de leur système politique de la servitude
du parti unique, par le retour des partis rivaux et des élections.
Ainsi la question en jeu était-elle complètement claire : par le biais
d’une petite nation située à sa limite orientale, « l’Occident » s’éleva
contre le despotisme asiatique ; c’était là Dieu contre les impies, la
liberté contre l’esclavage, la dignité humaine contre la déchéance
humaine. La question à ce moment-là dépendit, et la décision finale
dépendra, du degré de soutien que ces nations aux avant-postes de
l’Occident trouvèrent au sein du reste de l’Occident, qui déclarait sa
parenté et sa camaraderie envers elles mais qui dans l’adversité les
avait abandonnées par le passé.
631
Durant ce trimestre-là, la vision de cette question claire en jeu fut
obscurcie par l’intrusion de la question secondaire - obscurcissant
tout - de notre siècle : « la question juive ». L’histoire des événements
d’octobre de Pologne et de Hongrie est en elle-même aussi claire que
du cristal, mais on ne lui a pas permis de se rendre claire pour les
populations américaine et anglaise à cause de ce seul aspect, au sujet
duquel l’information leur a été constamment refusée depuis le
renversement du régime légitime en Russie en 1917.
Trois mois avant les soulèvements polonais et hongrois, un article
de M. C.L. Sulzberger publié dans le New York Times ranima le cri
d’« Antisémitisme derrière le Rideau de Fer » qui s’était élevé en 1953.
Comme exemple de cet « antisémitisme », l’article citait le renvoi de
Jakub Berman, « théoricien détesté du parti et juif », qui était le
terroriste moscovite en chef en Pologne.
Dans cet article, se cachait le secret dont les populations
occidentales n’ont jamais été autorisées à être informées ; M. Robert
Wilton, qui « perdit la confiance » du Times pour avoir essayé de
communiquer ce secret aux lecteurs de ce journal en 1917-1918, fut le
premier d’une longue liste de correspondants qui essayèrent, et
échouèrent, durant les trente-neuf ans qui suivirent. Les populations
russes, et plus tard celles des autres pays qui furent abandonnés au
communisme, ne pouvaient s’élever contre la terreur sans être
accusées d’« antisémitisme », parce que la terreur a toujours été une
terreur juive et talmudique, donc identifiable par ses actes, et non une
terreur russe, communiste ou soviétique.
Sur ce point même, le pouvoir dirigeant à Moscou quel qu’il fût -
et quel qu’il soit - vraiment, ne s’écarta jamais du modèle original, et
ceci est la base factuelle sur laquelle toute recherche sur les
événements de notre siècle doit commencer. La théorie de la
coïncidence pourrait en théorie être appliquée à 90 pour cents des
gouvernements juifs qui apparurent en Russie, Hongrie et Bavière en
1917-1919 ; (même à cette époque, comme je l’ai montré plus tôt, un
écrivain juif décrivit l’aversion pour le gouvernement juif bolchevique
en Hongrie comme de « l’antisémitisme », une épithète qui n’aurait pu
être évitée qu’en se soumettant à ce gouvernement). Mais quand le
gouvernement moscovite installa les gouvernements juifs dans les pays
qui lui furent abandonnés en 1945, aucun doute ne subsista sur le fait
que c’était une politique préparée et calculée, avec un but réfléchi.
Je répète ici l’information, issue de sources incontestables,
concernant la composition de ces gouvernements au moment exact, en
1952-1953, où Staline était appelé « le nouvel Hitler » et « la Russie »
était menacée de « destruction » à New York et Washington si elle
permettait « toute résurgence d’antisémitisme » : « En Tchécoslovaquie,
comme partout ailleurs en Europe centrale et du Sud-Est, à la fois les
632
intellectuels du parti et les hommes-clés de la police secrète sont pour
la plupart d’origine juive ; l’homme de la rue, par conséquent, est
devenu enclin à identifier les responsables du parti avec les juifs et à
blâmer les « communistes juifs » pour tous ses problèmes » (New
Statesman, 1952) ; « … Le gouvernement fortement juif (90 pour cents
dans les hauts rangs) de la Hongrie communiste sous le Premier
secrétaire communiste Matyas Rakosi, qui est lui-même un juif »
(Time, New York, 1953). « La Roumanie, avec la Hongrie, comptent
probablement le plus grand nombre de juifs dans l’administration »
(New York Herald Tribune, 1953). Toutes ces citations, et de
nombreuses autres similaires dans mes dossiers, viennent d’articles
réprouvant « l’antisémitisme » dans « les pays satellites », et à cette
époque, alors que l’on savait que ces pays étaient dirigés par des juifs,
le président Eisenhower fit sa déclaration à propos d’« une vague
d’antisémitisme fanatique dans… les pays satellites d’Europe de l’Est ».
Que pouvaient signifier ces menaces de Washington pour les
peuples captifs, hormis l’avertissement de ne pas grommeler contre
ceux qui maniaient le knout ; pourtant, en même temps on leur
promettait la « libération », et « The Voice of America » [la Voix de
l’Amérique – NdT] et « Radio Free Europe » [Radio Europe Libre – NdT]
les tourmentaient tous les soirs avec les descriptions de leur propre
situation critique.
Ceci était l’arrière-plan déroutant des soulèvements nationaux
polonais et hongrois d’octobre 1956, dont le premier signe, à nouveau,
fut donné par les émeutes de Poznan, en Pologne, en juin 1956.
Immédiatement après, l’article de M. Sulzberger à propos de
« l’Antisémitisme derrière le Rideau de Fer » parut, dans lequel il se
plaignait du renvoi de M. Jakub Berman et de celui par le maréchal
Rokossovsky, commandant de l’armée polonaise, de « plusieurs
centaines d’officiers juifs ». En août, l’un des deux Vices-Premiers
ministres, M. Zenon Nowak (l’autre était un juif, M. Hilary Mine) dit
que la campagne pour la « démocratisation » ou la « libération » qui
était menée dans la presse polonaise était déformée par l’introduction,
et l’importance particulière donnée au sujet « des juifs ». Il dit que la
nation croyait qu’il y avait « un nombre disproportionné de juifs dans
le parti principal et les postes du gouvernement », et en guise de
preuve il lut une liste de leur représentation dans les différents
ministères. Un certain professeur Kotabinski, répondant à, et
attaquant M. Nowak, dit que les juifs « étaient presque devenus
majoritaires dans les postes-clés, et la préférence de leur propre
peuple pour l’attribution des emplois n’avait pas été évitée ». (New York
Times, 11 octobre 1956).
À cette date, la Pologne était sous la domination soviétique et la
terreur juive depuis onze ans. Pas grand-chose n’avait changé dans le
633
tableau qu’avait donné l’ambassadeur américain, M. Arthur Bliss
Lane, des années 1945-1947 :
« Les membres de l’ambassade américaine ont été le témoin de plus
d’une arrestation par la Police de Sécurité… des méthodes
terrifiantes, telles que les arrestations au milieu de la nuit, et la
personne arrêtée n’était en général pas autorisée à communiquer
avec le monde extérieur, peut-être pendant des mois, peut-être pour
toujours… Même nos sources juives ont admis… la grande
impopularité des juifs aux positions-clés du gouvernement. Ces
hommes incluaient Minc, Berman, Olczewski, Radkiewicz et
Spychalski… il y avait un sentiment d’amertume au sein de la milice
envers les juifs parce que la Police de Sécurité, contrôlée par
Radkiewicz, dominait la milice et l’armée… De plus, la Police de
Sécurité, de même que la Police de Sécurité Interne, comptaient
parmi leurs membres de nombreux juifs d’origine russe ».
Ce contrôle juif de la terreur ne commença à s’affaiblir qu’après
onze ans seulement. En mai 1956, M. Jakub Berman (« considéré
comme l’homme n° 1 de Moscou au Parti polonais », New York Times,
21 octobre 1956) démissionna de son poste de Vice-Premier ministre et
au début d’octobre 1956, M. Hilary Minc (« considéré comme l’homme
n° 2 de Moscou ») démissionna également. (M. Nowak, l’un des
nouveau Vice-Premiers ministres, fut attaqué comme « antisémite » dès
le début).
Ceci était le contexte significatif du soulèvement national du 20
octobre. La Pologne, dans sa première expérience de domination
communiste, comme la Russie, la Hongrie et la Bavière en 1917-1919,
avait découvert que la terreur - sur laquelle cette domination reposait -
était juive, et était déjà attaquée pour « antisémitisme » en Amérique et
en Angleterre parce qu’elle tentait de se libérer de la terreur. Comme
tous les autres pays, elle fut prise dans le dilemme causé par « la
question juive ». La situation réelle des juifs qui n’étaient pas dans des
postes élevés en Pologne s’avère avoir été meilleure que celle d’autres
parties de la population, à en juger par les différents comptes rendus
réalisés à cette période en rendant visite à des rabbins et des
journalistes d’Amérique. Soit dit en passant, le nombre total de juifs en
Pologne à cette époque varie, dans les « estimations » juives publiées,
d’« environ trente mille » (le New York Times, 13 juillet 1956) à
« environ cinquante mille » (le New York Times, 31 août 1956), la
population totale de Pologne étant estimée, dans les ouvrages de
référence actuels, à approximativement 25 000 000. Leur proportion,
par conséquent, représente une petite fraction d’un pour cent, et
jamais avant ce siècle, où que ce soit, une minorité de cette petitesse
extrême n’a prétendu devenir « presque majoritaire dans les postesclés
», en manifestant une « préférence de leur propre peuple pour
l’attribution des emplois ».
634
Le cas de la Hongrie était plus significatif, car ce pays subit après
1945 sa seconde expérience de domination communiste. Non
seulement elle découvrit que la terreur était à nouveau juive, mais elle
était exercée par les mêmes hommes. Cette réinstallation délibérée de
terroristes juifs détestés d’une nation à cause de leurs actions vingt-six
ans auparavant (les détails sont donnés plus loin dans ce chapitre) est
la preuve la plus forte jusque-là fournie de l’existence à Moscou d’un
pouvoir contrôlant la révolution, qui délibérément confère à ses actes
barbares la signature talmudique - et non soviétique, communiste ou
russe.
Dans ce contexte, qui n’était pas compris dans « le monde libre »,
les forces de la régénération nationale s’employaient petit à petit à se
libérer de la terreur. En avril 1956, M. Wladislav Gomulka (emprisonné
de 1951 à 1956 sous le régime Berman-Minc comme « déviationniste »)
fut libéré et devint immédiatement le symbole de l’espoir national, car
bien qu’il fût communiste, il était polonais. Il fut rétabli au Comité
Central du Parti communiste polonais le 19 octobre 1956, et le 20
octobre fit quelque chose qui aurait pu changer la tournure entière de
notre siècle, n’était l’ombre qui tomba bientôt sur les événements qui
suivirent (cette fois depuis l’autre centre de « la question juive », la
Palestine). Il présenta à la nation polonaise une quasi-déclaration
d’indépendance, attaqua « l’anarchie des douze dernières années »,
promit des élections et déclara que « le peuple polonais se défendra
avec tous les moyens possibles afin que nous ne soyons pas poussés
sur le bord de la route qui mène à la démocratisation ».
Il fit cela face à une visite éclair des chefs moscovites eux-mêmes.
M. Khrouchtchev était accompagné par des généraux et menaça
d’utiliser l’Armée rouge. Il semble qu’il ait été totalement décontenancé
par le front courageux que lui offrirent M. Gomulka et, en particulier,
M. Edward Ochab (lui aussi un « antisémite » dans l’article de M.
Sulzberger) qui dit, d’après le récit : « Si vous n’arrêtez pas vos troupes
immédiatement, nous sortirons d’ici et couperons tout contact ».
L’armée polonaise était manifestement prête à défendre la cause
nationale, et M. Khrouchtchev capitula. Le maréchal Rokossovsky
disparut à Moscou72 et, en tant que symbole de la renaissance de la
nation, le cardinal Wyszynski (déchu de son office en 1953, sous le
régime Berman-Minc) fut libéré.
72 Un bon exemple de la confusion introduite dans cet événement par la « question juive ».
Rokossovsky, né polonais et maréchal soviétique, stoppa l’avancée des troupes aux portes
de Varsovie en 1944 pour donner aux troupes SS et de la Gestapo le temps et la liberté de
massacrer l’armée de la résistance polonaise. Il était donc l’homme le plus haï de Pologne.
En même temps, les journaux new-yorkais le considéraient comme « antisémite ». Quel
sentiment général pesa le plus lourdement contre lui, on ne peut le déterminer à ce stade.
635
L’allégresse se répandit sur toute la Pologne. La révolution avait
enduré sa première défaite majeure ; la foi avait été restaurée (c’était le
sens de la libération du cardinal) ; la nation, abandonnée du monde
extérieur, avait fait un premier grand pas vers son auto-libération.
Immédiatement le feu de brousse se répandit en Hongrie. Le grand
événement de Pologne fut oublié dans l’excitation causée par un
événement encore plus grand. Tous les processus de la nature
humaine, le temps et la providence semblaient enfin converger vers
une fin heureuse.
En Hongrie, le 22 octobre 1956, deux jours après la déclaration
polonaise d’indépendance, les gens se rassemblèrent dans les rues
pour réclamer le retour de M. Imre Nagy au poste de Premier ministre
et le retrait des troupes d’occupation soviétiques. Aucun d’entre eux ne
réalisait à l’époque qu’ils étaient en train de démarrer un soulèvement
national qui devait se transformer en guerre nationale de libération.
L’étincelle venait de Pologne et le contexte était le même, à la
différence que la Hongrie était en train de subir sa deuxième épreuve
aux mains des commissaires du peuple juifs. L’objet principal de sa
peur et de sa haine à ce moment-là était un certain Ernö Gerö, chef du
Parti communiste hongrois et troisième chef terroriste juif de 1919
envoyé en Hongrie par Moscou pour y exercer la terreur. Ainsi dans cet
événement, non seulement l’amertume accumulée des années 1945-
1956 explosa, mais aussi le souvenir de la terreur de 1918-1919.
M. Imre Nagy, comme M. Gomulka en Pologne, devint le symbole
des espoirs nationaux à ce moment-là parce que c’était un
communiste « national ». C’est-à-dire que c’était un Magyar, de la
même façon que Gomulka était un Polonais, et non un étranger. Son
rôle dans le processus de l’Histoire, si on lui avait permis de le remplir,
aurait probablement été de faire les premiers pas vers la restauration
de la souveraineté nationale et de la liberté individuelle hongroises,
après quoi il aurait ouvert la voie à un successeur élu. Sa popularité
symbolique au moment du soulèvement national fut principalement
due au fait qu’il avait été déchu de la fonction de Premier ministre en
1953, et exclu du Parti communiste en 1955 par les détestés Matyas
Rakosi et Ernö Gerö.
En Hongrie, de même qu’en Pologne, la nation voulait des choses
distinctes, toutes rendues claires par les paroles et les actes des jours
qui suivirent : la restauration de la foi nationale (symbolisée par la
libération du cardinal, emprisonné par les terroristes juifs), la
libération de la nation (par le retrait des troupes soviétiques),
l’abolition de la police secrète terroriste et la punition des chefs
terroristes. La réclamation initiale de ces choses, toutefois, s’exprima
par une manifestation pacifique, non par des émeutes ou un
636
soulèvement.73 Elles se firent bruyantes après un discours violemment
injurieux de Gerö, le leader du parti, qui conserva ce poste quand le
comité central du parti installa M. Nagy comme Premier ministre. Gerö
chargea alors les troupes soviétiques d’entrer dans Budapest et de
rétablir l’ordre. Rencontrant des manifestants Place du Parlement,
rassemblés pour réclamer le renvoi de Gerö, les chars soviétiques et la
police terroriste de Gerö ouvrirent le feu, laissant les rues jonchées de
morts et d’hommes et de femmes agonisants (le 24 octobre 1956). Ce
fut le début du véritable soulèvement ; la nation s’éleva à l’unisson
contre les troupes soviétiques et la police terroriste haïe, et en
quelques jours la révolution communiste subit une défaite qui fit
ressembler celle de Pologne à une simple rebuffade.
Le cardinal fut libéré, M. Nagi s’auto-investit Premier ministre, le
détesté Gerö disparut (sur la Riviera de Crimée, en compagnie de
Rakosi, selon la rumeur), la police terroriste fut pourchassée et ses
quartiers démolis. La statue de Staline fut jetée à terre et réduite en
miettes ; partout les troupes hongroises aidèrent au soulèvement ou
restèrent passives ; les troupes soviétiques (qui à ce moment-là étaient
principalement russes) firent souvent preuve de solidarité envers les
Hongrois et beaucoup de leurs chars furent détruits. Ce fut le moment
le plus prometteur de l’histoire de l’Europe depuis 1917, mais au loin
le sionisme arrivait à la rescousse pour sauver la révolution de sa
déconfiture et en quelques jours, quelques heures même, tout ce qui
avait été gagné allait être détruit.
Il faudrait ici dresser le contexte en quelques mots, avant la
description du second stade de la guerre des Hongrois, parce que le
cas de la Hongrie est probablement le plus significatif d’entre tous.
Pour une raison ou pour une autre, le pouvoir moscovite fut plus
déterminé dans ce cas que dans aucun autre, à identifier les juifs avec
73 Le compte rendu le plus authentique de l’événement originel fut donné, pour des raisons
qui lui appartenaient, par le dictateur communiste yougoslave Tito, au cours d’un
programme national, le 15 nov. 1956. Il dit, parmi bien d’autres choses : « Quand nous
étions à Moscou, nous avons déclaré que le régime de Rakosi et Rakosi lui-même n’avaient
pas les qualifications nécessaires pour diriger l’état hongrois ou pour le guider vers l’unité
interne… Malheureusement, les camarades soviétiques ne nous ont pas crus… Quand les
communistes hongrois eux-mêmes ont réclamé le départ de Rakosi, les leaders soviétiques
ont réalisé qu’il était impossible de continuer dans cette voie et ont convenu qu’il devait être
destitué. Mais ils ont commis une erreur en ne permettant pas également la destitution de
Gerö et des autres partisans de Rakosi… Ils sont tombés d’accord sur la destitution de
Rakosi, à la condition que Gerö devait rester… Il avait suivi la même politique et était aussi
coupable que Rakosi… Il a qualifié ces centaines de milliers de manifestants, qui étaient
encore en train de manifester à l’époque, de populace » (un participant déclara que les
paroles de Gerö furent : « sales bandits fascistes, et d’autres termes trop grossiers pour les
répéter »)« … Cela était assez pour mettre le feu au baril de poudre et le faire exploser… Gerö
a fait appel à l’armée. C’était une erreur fatale de faire appel à l’armée soviétique au moment
où les manifestations étaient encore en cours… Cela a mis ces gens encore plus en colère, et
alors une révolte spontanée a suivi… Nagy a appelé le peuple aux armes contre l’armée
soviétique et a fait appel aux pays occidentaux pour qu’ils interviennent… »
637
la terreur, si bien que l’expérience hongroise, plus fortement que toute
autre, indique un contrôle juif ou talmudique ininterrompu de la
révolution elle-même depuis son siège de pouvoir à Moscou.
Le régime de 1919 en Hongrie, que les Magyars eux-mêmes
renversèrent après une terreur brève mais impitoyable, avait été juif.
La présence d’un ou deux non-juifs au sein du régime n’avait pas
nuancé cela, sa nature essentielle. C’était la terreur de quatre
principaux leaders juifs, soutenus par une majorité de subalternes
juifs, du nom de Bela Kun, Matyas Rakosi, Tibor Szamuely et Ernö
Gerö, dont aucun ne pouvait être appelé Hongrois et dont tous avaient
été formés à leur tâche à Moscou.
Après la Seconde Guerre, des élections libres, pour quelque raison
d’opportunisme politique, furent autorisées en Hongrie (nov. 1945).
Elles produisirent le résultat naturel : une immense majorité pour le
Parti des Petits Propriétaires ; les communistes, malgré la présence de
l’Armée rouge, firent une piètre performance. Ensuite, Matyas Rakosi
fut renvoyé en Hongrie (Szamuely s’était suicidé en 1919 ; Bela Kun
disparut dans quelque purge soviétique anonyme dans les années 30,
mais en février 1956, sa mémoire fut solennellement « réhabilitée » au
Vingtième Congrès soviétique de Moscou, et on peut aujourd’hui voir
cela comme une menace aux Hongrois de ce à quoi ils devaient
s’attendre en octobre 1956).
Avec l’aide de la police terroriste et de l’Armée rouge, Rakosi
commença à détruire les autres partis et les opposants, dont cinq (y
compris le célèbre M. Laszlo Rajk) avaient été pendus par Gerö et lui
en 1949, après les « confessions » familières de conspiration avec « les
pouvoirs impérialistes » (une allégation qui laissa les pouvoirs
impérialistes autant indifférents qu’ils étaient furieux de l’allégation de
« conspiration sioniste » en 1952). En 1948, la Hongrie, sous Rakosi,
était complètement soviétisée et terrorisée. Le terroriste en chef, sous
Razkosi lui-même, était cette fois Ernö Gerö, qui avait quitté Moscou et
était aussi revenu en Hongrie après vingt ans ; il organisa le procès et
ordonna l’incarcération du chef religieux de Hongrie, le cardinal
Mindszenty74 (qui avant de disparaître incarcéré demanda à la nation
de ne croire à aucune confession qui lui avait été imputée par ses
géôliers). Après cela, la Hongrie fut placée pendant plusieurs années
sous la terreur de deux des hommes qui l’avaient crucifiée en 1919, et
74 Ce trait anti-chrétien invariable et délibéré apparut à nouveau dans le traitement subi par
le cardinal Mindszenty, dont il publia les détails après sa libération. En résumé, il dit avoir
été torturé par ses ravisseurs pendant les vingt-neuf jours et nuits entre son arrestation et
son procès, mis à nu, battu jour après jour avec un tuyau en caoutchouc, maintenu dans
une cellule froide et humide pour irriter ses poumons affaiblis, forcé de regarder des
spectacles obscènes, et interrogé sans pouvoir dormir durant toute cette période (interview
publiée dans de nombreux journaux et périodiques, décembre 1956).
638
le gouvernement entier devint « juif à 90 pour cent dans les postes
haut placés ». Ainsi, pour les Hongrois aussi, la terreur fut-elle juive et
talmudique, et non communiste, soviétique ou russe, et on lui donna
délibérément cette nature ; le but du retour de Rakosi et de Gerö après
la Seconde Guerre est on ne peut plus clair, et leurs actes furent tout
aussi clairs.
En juin 1953, Rakosi démissionna de la fonction de Premier
ministre et le Times annonça que « M. Gerö est le seul juif restant au
cabinet, qui sous M. Rakosi était en majorité juif ». Comme Rakosi
demeura le leader du parti et que Gerö était Vice-Premier ministre,
rien ne changea guère, et en juillet 1956, quand Rakosi démissionna
également de la fonction de leader du parti, Gerö lui succéda à ce
poste, avec les conséquences qui furent visibles en octobre.
Même Gerö semble avoir fait de son « mieux » à ce moment-là, car
après la victoire du peuple hongrois, les troupes de l’Armée rouge se
retirèrent (le 28 oct.) et deux jours plus tard (le 30 oct.), le
gouvernement soviétique retransmit au monde une déclaration
admettant « des violations et des fautes qui enfreignaient les principes
d’égalité dans les relations entre les états socialistes », proposant de
discuter de « mesures… pour supprimer toute possibilité de violer le
principe de souveraineté nationale », et d’entreprendre « d’examiner la
question des troupes soviétiques postées sur les territoires de Hongrie,
de Roumanie et de Pologne ».
Était-ce une ruse, uniquement dans le but d’apaiser les
populations le temps que l’assassin ait quelque répit, ou était-ce une
véritable retraite et une admission forcée d’erreur, ouvrant de
formidables perspectives de conciliation et d’espoir pour les
populations ?
Si Israël n’avait pas attaqué l’Égypte… si la Grande-Bretagne et la
France ne s’étaient pas jointes à cette attaque… si ces choses n’étaient
pas arrivées, le monde connaîtrait la réponse à cette question
aujourd’hui. Maintenant, il ne saura jamais, car l’attaque sioniste de
l’Égypte, et la participation britannique et française, libérèrent la
révolution de son dilemme ; comme par magie, les yeux du monde
spectateur se tournèrent depuis la Hongrie vers le Moyen-Orient et la
Hongrie fut oubliée. En vain, M. Nagy retransmit son appel au monde
le lendemain même, en disant que 200 000 hommes et cinq mille
chars s’approchaient de la Hongrie.
Budapest fut pulvérisée. Le 7 novembre, la voix de la dernière
radio libre hongroise disparut de l’antenne (Radio Rakoczi à
Dunapentele), tout comme la voix des Polonais avait disparu en 1944
et celle des Tchèques en 1939, léguant leurs misères à « l’Occident ».
639
« Ceci est notre dernière émission. Nous sommes submergés par
les chars et les avions soviétiques ». Ces paroles, rapporte le
correspondant de Vienne au New York Times, « furent suivies d’un
bruit de fracas tonitruant. Puis ce fut le silence. »
M. Nagy se réfugia à l’ambassade de Yougoslavie, et alors qu’il la
quittait sous sauf-conduit soviétique, il fut déporté quelque part on ne
sait où. Le cardinal trouva refuge à l’ambassade Américaine. Fin
novembre, le délégué cubain aux Nations unies, une autorité bien
informée, déclara que 65 000 personnes avaient été tuées en Hongrie.
Plus de 100 000 avaient maintenant fui, traversant la frontière
autrichienne, un petit pays qui maintenait les standards en miettes de
« l’Occident » en acceptant tous ceux qui arrivaient sans poser de
questions. Quelques milliers de ces personnes atteignirent l’Amérique,
où ils furent reçus par le secrétaire de l’armée américaine, un certain
M. Wilbur M. Brucker, qui leur ordonna « d’applaudir le drapeau
américain » et ensuite « d’applaudir le président Eisenhower ».
Ce furent véritablement dix jours qui bouleversèrent le monde, et
le bouleverseront encore plus si la véritable histoire est jamais
racontée. Ils montrèrent que les valeurs qui autrefois étaient
symbolisées par ces deux mots : « L’Occident », étaient maintenant
incarnées dans ces populations captives d’Europe de l’Est, et non dans
l’Amérique, l’Angleterre ou la France.
Ces pays avaient le dos tourné à la scène hongroise. Ils étaient
absorbés par les événements au Moyen-Orient. « La question juive » au
Moyen-Orient intervint à nouveau pour effacer l’aube d’un nouvel
espoir en Europe. Une fois encore, le communisme révolutionnaire et
le sionisme révolutionnaire oeuvrèrent comme en parfaite
synchronisation, comme en octobre 1917 ; les actes de l’un profitèrent
directement à l’autre. Les Nations unies ne purent trouver le temps de
discuter de l’appel au secours hongrois avant que la nouvelle terreur
n’écrase les appelants et ne restaure les agents homologués de la
révolution aux places de délégués.
En Hongrie elle-même, la place de Gerö volatilisé fut prise par un
autre commissaire du peuple de 1919. M. Ference Münnich, qui avait
alors joué un rôle important dans le régime de Bela Kun, et était lui
aussi revenu en Hongrie après la Seconde Guerre, avec l’Armée rouge.
De 1946 à 1949, alors que Rakosi mettait un frein à la seconde
terreur, M. Münnich était le chef de la police de Budapest. Là, il devint
« Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et de la
Sécurité publique » au gouvernement d’un certain Janos Kadar,
installé par Moscou. M. Kadar aussi avait plus ou moins un passé
d’indépendance, et donc il était peu probable qu’on lui autorise à
exercer un quelconque pouvoir. M. Münnich (rapporte le New York
Times) était « l’atout en réserve de Moscou, contrôlant M. Kadar ».
640
De cette façon, la nuit tomba à nouveau sur la Hongrie, et elle dut
trouver le réconfort qu’elle pouvait dans les paroles du président, selon
lesquelles il était désolé pour elle. La bombe à retardement au Moyen-
Orient, à l’origine posée là la semaine même du triomphe de la
révolution bolchevique à Moscou, explosa au moment du fiasco et de la
défaite de la révolution. La diversion changea la situation la plus
prometteuse depuis de nombreuses années en son opposé le plus
sombre. L’Union soviétique ne fut guère inquiétée dans son entreprise
de massacre en Hongrie tandis que les grandes puissances
occidentales commençaient à se disputer entre elles à propos d’Israël,
de l’Égypte et du canal de Suez ; le monde entier se tourna pour les
regarder, et l’État soviétique, le sang d’une nation européenne sur les
mains, put se joindre à l’anathème général de la Grande-Bretagne et
de la France quand elles se joignirent à l’attaque israélienne.
La création de l’État sioniste se révéla être encore plus de mauvais
augure que l’autre création des juifs talmudiques de Russie - la
révolution communiste. La seconde partie de ce compte rendu des
années de paroxysme a donc à voir avec les événements dans l’État
sioniste, pendant les huit ans entre sa création par la terreur en 1948
et son attaque de l’Égypte en octobre 1956.

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