Chapitre 27 LES « PROTOCOLES ».
Publié par alkali sur mars 25, 2008
Chapitre 27
LES « PROTOCOLES »
LES « PROTOCOLES »
Tandis que le sionisme prenait ainsi forme dans les ghettos de
l’Est durant le siècle dernier, et apparaissaient au début de celui-ci
comme une nouvelle force dans les affaires internationales (quand le
gouvernement britannique lui offrit l’Ouganda), la révolution mondiale,
dans ces mêmes régions talmudiques, prépara sa troisième
« éruption ». Les deux forces avançaient ensemble en synchronisation
(car le sionisme, comme on l’a montré, utilisait la menace du
communisme en Europe pour avoir l’oreille des dirigeants européens
concernant sa demande territoriale à l’extérieur de l’Europe). C’était
comme si des turbines jumelles commençaient à tourner, produisant
ce qui était dans les faits une force, dont le nouveau siècle allait
recevoir des chocs galvaniques.
Selon Disraeli et Bakounine, la révolution mondiale était passée
sous le leadership juif autour du milieu du siècle, et ses buts
changèrent alors. Les disciples de Bakounine, qui cherchaient à
supprimer l’État en tant que tel parce qu’ils prévoyaient que l’État
révolutionnaire pourrait devenir plus despotique que n’importe quel
despotisme précédent, furent évincés et oubliés. La révolution
mondiale prit suite à cela la forme du Manifeste communiste de Karl
Marx, qui visait au super-État fondé sur le travail d’esclave et « la
confiscation de la liberté humaine » (comme de Tocqueville l’écrivait en
1848).
Ce changement de leadership et d’ojectifs détermina le cours du
XXe siècle. Cependant, les méthodes par lesquelles l’ordre existant
devait être détruit ne changèrent pas ; elles continuèrent d’être celles
révélées par les papiers de Weishaupt publiés en 1787. De nombreuses
publications du XIXe siècle montrèrent que le plan illuministe original
avait traversé les générations pour être le manuel des révolutionnaires
de tous les camps, quant à la méthode.
Ces travaux propageaient ou exposaient le plan destructif de
façons diverses, parfois allégoriques, mais toujours reconnaissables en
comparant avec l’original - les documents de Weishaupt. En 1859,
Crétineau Joly attaqua le leadership juif des « sociétés secrètes ». Son
livre reproduisait des documents (communiqués par le Pape Grégoire
XVI) de la société secrète italienne, la Haute Vente Romaine ; leur
authenticité est incontestable. La Haute Vente Romaine était dirigée
par un prince italien qui avait été initié par un des propres intimes de
Weishaupt (Knigge), et était une réincarnation des Illuminati. Le cercle
extérieur des initiés, les dupes, était persuadé que « l’objet de
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l’association était quelque chose de haut et de noble, que c’est l’Ordre
de ceux qui désirent une moralité plus pure et une piété plus forte,
l’indépendance et l’unité de leur pays. » Ceux qui gravissaient les
échelons internes apprenaient progressivement les buts réels et
juraient de détruire toute religion et gouvernement légitime ; puis, ils
recevaient les secrets d’assassinat, de poison et de faux serment
divulgués la première fois par les documents de Weishaupt.
En 1862, Karl Marx (dont le Manifeste communiste est
manifestement illuministe) fonda sa première Internationale, et
Bakounine forma son Alliance sociale démocratique (dont le
programme, comme Mme Nesta Webster l’a montré par ses citations de
passages corrélatifs, étaient du pur Illuminisme). La même année,
Maurice Joly publia une attaque contre Napoléon III, à qui il attribuait
les méthodes identiques de corruption et de ruine du système social
(ce livre était écrit sous forme allégorique). En 1868, l’Allemand
Goedsche reproduisit les mêmes idées sous la forme d’une attaque
contre le leadership juif de la révolution, et en 1869, le catholique et
royaliste français Gougenot Des Mousseaux reprit le même thème.
Cette année-là, Bakounine publia aussi sa Polémique Contre les Juifs.
Dans tous ces ouvrages, sous une forme ou une autre, la
continuité de l’idée de base d’abord révélée par les documents de
Weishaupt apparaît : à savoir, celle de la destruction de tout
gouvernement, religion et nationalité légitimes, et de l’installation d’un
despotisme universel pour gouverner les masses asservies par la
terreur et la violence. Certains d’entre eux attaquaient l’usurpation -
ou la succession - juive du leadership de la révolution.
Après cela, ily eut une pause dans la littérature publiée sur la
conspiration révélée pour la première fois en 1787, jusqu’en 1905, où
un certain professeur Sergyei Nilus, fonctionnaire au Département des
religions étrangères à Moscou, publia un livre, dont le British Museum
à Londres possède une copie portant un cachet de la poste daté du 10
août 1906. On attribuerait un grand intérêt à tout ce qui pourrait être
découvert sur Nilus et son livre, qui n’a jamais été traduit ; le mystère
qui les entoure lui et son livre bloque la recherche. Un chapitre a été
traduit en anglais en 1920. Cela mérite d’être mentionné ici, parce que
la publication originale eut lieu en 1905, même si le tumulte violent ne
commença que quand elle fut diffusée en anglais, en 1920.
Cet unique chapitre fut publié en Angleterre et en Amérique sous
le nom « The Protocols of the Learned Elders of Zion » [Les Protocoles des
Sages de Sion – NdT] ; je n’ai pas réussi à savoir si c’était le titre du
chapitre original, ou s’il fut fourni pendant la traduction. Aucune
preuve n’est donnée que le document est ce qu’il prétend être - un
compte rendu d’une réunion secrète de « sages » juifs. À cet égard, il
est donc sans valeur.
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À tout autre égard, il est d’une importance inestimab1e, car il
s’avère, par le test conclusif (celui des événements suivants) être un
document authentique de la conspiration mondiale révélée en premier
lieu par les papiers de Weishaupt. Beaucoup d’autres documents dans
la même série avaient suivi cette première révélation, comme je l’ai
montré, mais celui-ci les dépasse tous. Les autres étaient
fragmentaires et donnaient des aperçus ; celui-ci donne l’image entière
de la conspiration, la motivation, la méthode et l’objectif. Il n’ajoute
rien de nouveau à ce qui avait été révélé par morceaux (sauf
l’attribution non prouvée aux sages juifs eux-mêmes), mais il met en
place toutes les pièces et expose le tout. Il dépeint exactement tout ce
qui est arrivé en cinquante ans depuis sa publication, et ce qui suivra
clairement dans les cinquante ans suivants, à moins que d’ici là, la
force que la conspiration a générée ne produise la contre-force.
Il est informé par une masse de connaissance (particulièrement
des faiblesses humaines) qui ne pouvait venir que de l’expérience
accumulée et de l’étude continuelle des siècles, ou des âges. Il est écrit
dans un style de supériorité élevée, comme par des êtres perchés sur
quelque pinacle olympien de sagesse sardonique et antique et de
dédain moqueur pour les masses se tortillant tout en bas (« la foule. »..
« animaux alcoolisés. ».. « bétail. ».. « bêtes sanguinaires »), qui luttent
en vain pour échapper « aux pinces » qui se referment sur elles ; ces
pinces sont « le pouvoir de l’or » et la force brutale de la foule, incitée à
détruire ses seuls protecteurs, et par conséquent, elle-même.
L’idée destructrice est présentée sous la forme d’une théorie
scientifique, presque d’une science exacte, discutée avec ferveur et
éloquence. En étudiant les Protocoles, je suis constamment rappelé à
quelque chose qui attira mon regard dans le dicton de Disraeli, cité
plus tôt. Disraeli, qui était prudent dans le choix des mots, parla du
« principe destructeur » (non l’idée, l’arrangement, la notion, le plan, le
complot ou autre), et les Protocoles élèvent la théorie de la destruction
à ce statut « d’une vérité fondamentale, une loi primaire ou
fondamentale, une loi directrice de conduite » (pour citer les diverses
définitions du dictionnaire du terme « principe »). Dans de nombreux
passages, les Protocoles paraissent, à première vue, recommander la
destruction comme une chose vertueuse en soi et justifiant par
conséquent toutes les méthodes explicitement recommandées pour la
promouvoir (subornation, chantage, corruption, subversion, sédition,
incitation des foules, terreur et violence), qui deviennent ainsi
vertueuses également.
Mais un examen attentif montre que ce n’est pas le cas. En fait,
l’argument présenté commence à la fin, la puissance mondiale, et
revient en arrière sur les moyens, qui sont préconisés simplement
comme étant les meilleurs pour cette fin. La fin est celle révélée en
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premier lieu dans les documents de Weishaupt, et il est apparent que
tous les deux viennent d’une source bien plus ancienne, bien que les
Protocoles, dans le temps, se situent, par rapport aux papiers de
Weishaupt, comme le petit-fils par rapport au grand-père. Le but final
est la destruction de toute religion et nationalité, et l’établissement du
super-État, gouvernant le monde par une terreur impitoyable.
Quand les Protocoles parurent en anglais, l’attaque juive enragée
du document lui-même donna l’impression trompeuse que le point
mineur - qui était l’auteur de ce document particulier ? – était d’une
importance majeure. L’affirmation solennelle de leadership juif de la
conspiration révolutionnaire n’était pas nouvelle du tout ; le lecteur a
vu que Disraeli, Bakounine et plusieurs autres l’affirmèrent plus tôt.
Dans ce cas, les allégations concerant une réunion spécifique de
leaders juifs de la conspiration étaient infondées, et auraient pu être
ignorée (en 1913, une publication quelque peu semblable accusa les
Jésuites d’inciter à une conspiration mondiale ressemblant à ce qui est
dépeint de la même façon dans les Protocoles et dans les papiers de
Weishaupt ; les Jésuites firent tranquillement remarquer que cela était
faux, et la question fut oubliée).
La réponse de la communauté juive officielle en 1920 et par la
suite fut différente. Elle attaqua, avec rage, la substance entière des
Protocoles ; elle ne s’arrêta pas à la négation d’un complot juif, mais
nia l’existence de tout complot, ce qui était manifestement faux.
L’existence de la conspiration avait été reconnue et affirmée par une
longue chaîne d’autorités supérieures, d’Edmond Burke, George
Washington et Alexandre Hamilton à Disraeli, Bakounine et plusieurs
autres mentionnés dans un chapitre précédent. De plus, quand les
Protocoles apparurent en anglais, la preuve conclusive avait été donnée
par l’événement de Russie. Ainsi, la nature de l’attaque juive ne
pouvait-elle que renforcer les doutes publics ; elle protestait beaucoup
trop.
Cette attaque était la répétition de celle qui avait réduit au silence
ces premiers leaders de la demande publique d’investigation et de
recours, Robison, Barruel et Morse, mais cette fois, c’était une attaque
juive. Ces trois hommes n’avaient aucunement imputé le leadership
juif, et ils furent seulement diffamés parce qu’ils attiraient l’attention
publique sur la nature ininterrompue de la conspiration, et sur le fait
que la Révolution française n’était clairement que sa première
« éruption ». L’attaque des Protocoles dans les années 1920 prouvait
par-dessus tout la vérité de leur affirmation ; elle montrait que
l’organisation permanente pour la suppression du débat public sur la
conspiration avait été perfectionnée au cours des 120 ans écoulés.
Probablement autant d’argent et d’énergie n’avaient jamais été
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dépensés auparavant, dans l’Histoire, dans l’effort de supprimer un
seul document.
Il fut apporté en Angleterre par l’un des deux correspondants
britanniques à Moscou, importants à l’époque : Victor Marsden du
Morning Post (l’histoire significative de l’autre correspondant appartient
à un chapitre postérieur). Marsden était une autorité en ce qui
concernait la Russie, et était fortement sous l’effet persistant de la
Terreur. Il fut dans les faits sa victime, car il mourut peu après avoir
achevé ce qu’il ressentait comme un devoir, une évidence : la
traduction des Protocoles au British Museum.
La publication en anglais éveilla l’intérêt du monde entier. Cette
période (1920 et après) marque la fin de l’époque où les questions
juives pouvaient être impartialement discutées en public. Le débat
initial fut libre et vigoureux, mais dans les années qui suivirent,
l’attaque réussit à imposer la loi de lèse-majesté sur cette question, et
aujourd’hui, on ne trouve guère d’homme ou de document public qui
se risque à mentionner les Protocoles, sauf pour les déclarer
« contrefaits » ou « infâmes » (un acte de soumission qui fut aussi
prédit chez eux).
La première réaction fut naturelle. Les Protocoles furent reçus
comme la preuve formidable d’une conspiration internationale contre
la religion, la nationalité, le gouvernement légitime et la propriété.
Tous reconnurent que l’attribution de la paternité juive était infondée,
mais que le sujet était si grave et si fortement corroboré par les
événements postérieurs à la publication originale, qu’une enquête
complète était nécessaire. Ce recours, « l’investiation», était celui
préconisé par beaucoup d’hommes importants, 120 ans auparavant.
Dans ce cas, l’attaque porta dans les faits à nouveau sur la demande
d’investigation, pas sur la simple allégation contre « les Sages de Sion ».
Le Times (de Londres) dit le 8 mai 1920, dans un long
article : « Une enquête impartiale sur ces supposés documents et sur
leur histoire est des plus souhaitables… Allons-nous écarter la
question entière sans enquête, et laisser invérifiée l’influence d’un livre
tel que cet ouvrage ? » Le Morning Post (alors le plus ancien et le plus
sobre journal britannique) publia vingt-trois articles, appelant aussi à
une investigation.
Dans The Spectator, du 27 août 1921, Lord Sydenham, une
autorité première à l’époque, recommanda aussi une investigation : « La
question principale est, bien sûr, la source d’où Nilus a obtenu les
Protocoles. Les Russes qui connaissaient Nilus et ses écrits n’ont pu
être tous exterminés par les bolcheviques. Son livre… n’a pas été
traduit, alors qu’il pourrait donner une certaine idée de l’homme…
Quelle est la caractéristique la plus saisissante des Protocoles ? La
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réponse est une connaissance d’un ordre rare, embrassant le domaine
le plus large. La solution à ce “mystère”, si c’en est un, doit être
trouvée là où cette connaissance étrange, sur laquelle sont basées les
prophéties maintenant littéralement accomplies, se révèle résider. » En
Amérique, M. Henry Ford, déclarant que « les Protocoles ont
correspondu à la situation mondiale jusqu’à maintenant ; ils y
correspondent aujourd’hui », poussa son Dearborn Independent à
publier une série d’articles dont un million et demi de réimpressions
furent vendues.
En l’espace de deux ans, le propriétaire du Times fut reconnu fou
(par un docteur anonyme dans un pays étranger ; un chapitre
postérieur décrira cet épisode) et se vit retirer de force le contrôle de
ses publications, et The Times publia un article balayant les Protocoles
comme un plagiat du livre de Maurice Joly. Le propriétaire du Morning
Post devint l’objet de vitupérations prlongées jusqu’à ce qu’il vende le
journal, qui cessa alors toute publication. En 1927, M. Henry Ford fit
publier une excuse adressée à un juif bien connu d’Amérique ; quand
je me trouvais aux États-Unis des années plus tard, des informateurs
crédibles me dirent qu’on l’avait persuadé de le faire - à un moment où
un nouveau modèle d’automobile Ford était sur le point d’être
commercialisé - par des menaces hostiles de la part de revendeurs,
dont il dépendait de la fortune.
La campagne contre les Protocoles n’a jamais cessé depuis lors. En
Russie communiste, toutes les copies susceptibles d’être découvertes
avaient été détruites à la révolution, et la possession du livre devint un
crime capital sous la loi contre « l’antisémitisme ». Dans la suite directe
de cela, bien que vingt-cinq ans plus tard, les autorités américaines et
britanniques en Allemagne occupée, après la Seconde Guerre
mondiale, contraignirent le gouvernement allemand occidental à
promulguer des lois contre « l’antisémitisme », sur le modèle
bolchevique ; et en 1955, un imprimeur de Munich qui reproduisit les
Protocoles se vit confisquer son affaire. En Angleterre, au moment de la
publication, la vente du livre fut temporairement arrêtée par l’autorité,
sous la pression décrite, et au cours des années, l’attaque continua si
violemment que les éditeurs en eurent peur, et seules quelques petites
sociétés locales se risquèrent jamais à l’imprimer. En Suisse, entre les
deux guerres, un procès juif fut intenté contre le livre comme
« littérature incorrecte » ; L’affaire fut gagnée, mais le verdict fut cassé
par une cour supérieure.
La situation ainsi provoquée après 1920, et continuant
aujourd’hui, fut prédite par les Protocoles en 1905 :
« À travers la presse, nous avons acquis le pouvoir d’influencer tout
en demeurant dans l’ombre…
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Le principal facteur de succès dans la politique est le secret de ses
entreprises : les paroles ne doivent pas être en accord avec les actions
des diplomates…
Nous devons contraindre les gouvernements… à agir dans le sens
favorable à notre plan aux larges perspectives, qui approche déjà de
sa consommation désirée. [Nous le ferons] par [le biais de] ce que
nous présenterons comme étant l’opinion publique, secrètement
orientée par nous au moyen de ce qu’on appelle la “grande
puissance” - la Presse, qui, à quelques exceptions négligeables près,
est déjà entièrement entre nos mains.
Envers la presse, nous nous conduirons de la manière
suivante : Nous la mettrons sous le joug et la conduirons avec des
rênes solides… nous devrons également nous assurer le contrôle de
toutes les formes de publications. Il ne serait d’aucune utilité pour
nous de contrôler les journaux, si nous restions exposés aux
attaques des brochures et des livres…
Nul ne pourra impunément toucher au prestige de notre infaillibilité
politique. Pour interdire une publication, nous trouverons le prétexte
suivant : la publication qui vient d’être supprimée excitait, dironsnous,
l’opinion publique, sans aucune raison ou aucun fondement.
Les restrictions que nous imposerons - comme je l’ai dit - aux
publications privées nous permettront de rendre certaine la défaite de
nos ennemis, parce qu’ils n’auront aucun organe de presse à leur
disposition au moyen duquel ils pourraient donner libre cours à leurs
opinions. »
Telle est l’histoire des Protocoles jusqu’à présent. Leur attribution
aux « sages » juifs est infondée et devrait être rejetée, sans préjuger de
toute autre preuve de leadership juif de la révolution mondiale, en tant
que telle. L’attaque juive contre les Protocoles était résolue, non à
disculper la communauté juive, mais à stopper la publication sur
l’allégation qu’elle « excitait l’opinion publique, sans aucune raison ou
aucun fondement ». Les arguments avancés étaient faux ; ils disaient
que les Protocoles ressemblaient étroitement à plusieurs publications
précédentes et étaient ainsi des « plagiats » ou des « contrefaçons »,
alors que, ce que cela montrait était en vérité une chose évidente : ils
faisaient partie de la littérature ininterrompue de la conspiration. Ils
pouvaient aussi bien avoir été produits par des non-juifs ou des
révolutionnaires antisémites, et cela est d’importance secondaire. Ce
qu’ils prouvèrent, c’est que l’organisation révélée en premier lieu par
les documents de Weishaupt existait 120 ans plus tard, et utilisait
toujours les méthodes, et poursuivait le but alors exposés ; et quand
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ils furent publiés en anglais, la révolution bolchevique avait fourni la
preuve.
À mon avis, les Protocoles fournissent le manuel essentiel pour les
chercheurs de l’époque et du sujet. Si Lord Sydenham, en 1921, fut
bloqué par la « connaissance étrange » qu’ils affichaient, « sur laquelle
sont basées les prophéties maintenant littéralement accomplies »,
combien il serait davantage impressionné aujourd’hui, en 1956, où
beaucoup plus ont été accomplies de manière tout aussi littérale. Par
ce livre, n’importe quel homme peut voir comment les bouleversements
des 150 ans passés furent provoqués, et comment ceux des cinquante
ans suivants le seront ; il saura d’avance comment les « actes » de ses
représentants élus différereront de leur « parole ».
Sur un point, je suis en mesure par ma propre expérience de
tester le dicton de Lord Sydenham sur les prophéties accomplies. Les
Protocoles, parlant de contrôle de l’information publiée, disent :
« Aucune information n’atteindra la société sans passer par notre
contrôle. Ceci est déjà pour nous un point acquis par le fait que toutes
les nouvelles sont reçues de toutes les parties du monde par un petit
nombre d’agences qui les centralisent. Lorsque nous serons arrivés au
pouvoir, ces agences nous appartiendront entièrement et ne publieront
que les nouvelles qu’il nous plaira de laisser paraître. »
Ce n’était pas cette situation en 1905, ou à l’époque de Lord
Sydenham, ou en 1926, quand je devins journaliste, mais elle était en
train de se développer, et c’est aujourd’hui la situation. Le flot de
« nouvelles » qui se déverse sur l’opinion publique par les journaux
vient de quelques agences, comme si sortant d’une demi-douzaine de
robinets. N’importe quelle main pouvant contrôler ces valves peut
contrôler les « nouvelles », et le lecteur peut observer par lui-même la
forme filtrée sous laquelle les nouvelles l’atteignent.
Quant aux vues éditoriales, basées sur cette livraison de
nouvelles, on peut comprendre la transformation qui a été provoquée,
en se référant aux articles impartialement critiques publiés dans le
Times, le Morning Post, le Spectator, le Dearborn Independent et des
milliers d’autres journaux, il y a environ vingt-cinq ans. Cela ne
pourrait pas arriver aujourd’hui. La subjugation de la presse a été
accomplie comme les Protocoles l’avaient prédit, et par le hasard de ma
génération et de ma vocation, je l’ai vue arriver.
L’étude comparative des Protocoles et des papiers de Weishaupt
mène à la forte déduction que les deux proviennent d’une source
commune et bien plus ancienne. Ils ne peuvent avoir été le produit
d’aucun homme seul ou d’un seul groupe d’hommes dans la période
où ils furent publiés ; la « connaissance étrange » qu’ils exposent eux
manifestement sur l’expérience cumulative des âges. Cela s’applique
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particulièrement (dans les papiers de Weishaupt tout comme dans les
Protocoles) à la connaissance des faiblesses humaines, qui sont
sélectionnées avec une exactitude analytique, la méthode
d’exploitation de chacune d’entre elles étant décrite avec une jubilation
dédaigneuse.
L’instrument à utiliser pour la destruction des États-nations
chrétiens et de leur religion est « la foule. » Le mot est utilisé avec un
mépris virulent pour décrire les masses (qui en public sont flattées en
se faisant appeler « le peuple »).
« Il faut remarquer que le nombre des hommes aux instincts
corrompus est plus grand que celui des gens aux instincts nobles.
C’est pourquoi les meilleurs résultats s’obtiennent, dans le
gouvernement du monde, en employant la violence et l’intimidation…
Il faut se rendre compte que la force de la foule est aveugle,
dépourvue de raison dans le discernement et qu’elle prête l’oreille
tantôt à droite, tantôt à gauche. »
À partir de là, il est développé l’argument qu’« un despotisme
absolu » est nécessaire pour gouverner « la foule », qui est « sauvage »,
et que « notre État » emploiera « la terreur [qui tend à] produire une
soumission aveugle. » « L’accomplissement littéral » de ces préceptes en
Russie communiste doit être évident à tous aujourd’hui.
Ce « despotisme absolu » doit être investi dans le super-État
international au bout du chemin. Entre-temps des despotesmarionnettes
régionaux sont dépeints comme l’élément essentiel au
processus de destruction de la structure des États et des défenses des
peuples :
« De la part de leurs élus dictateurs actuels, Présidents du Conseil et
ministres, ils supportent des abus pour le moindre desquels ils
auraient assassiné vingt rois. Comment expliquer un tel état de
choses ?… Parce que les despotes persuadent le peuple, par
l’intermédiaire de leurs agents, que, même s’ils faisaient un mauvais
usage du pouvoir et portaient préjudice à l’État, ce serait dans un but
élevé, c’est-à-dire en vue de la prospérité du peuple pour la cause de
la fraternité, de l’union et de l’égalité internationales.
Certes, ils ne leur disent pas qu’une telle unification ne peut être
obtenue que sous notre domination. »
Ce passage est d’un intérêt particulier. Les termes « dictateurs,
Présidents du Conseil et ministres » n’aurait pas été généralement
compris en 1905, où les peuples d’Occident croyaient que leurs
représentants élus exprimaient et dépendaient de leur approbation.
Cependant, ils sont devenus applicables pendant les Première et
Seconde Guerres mondiales, lorsque des présidents américains et des
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Premiers ministres britanniques se firent, en fait, « élus dictateurs » et
utilisèrent des pouvoirs extraordinaires au nom « de la prospérité du
peuple… la fraternité… l’égalité internationales… » De plus, ces élus
dictateurs, durant les deux guerres, dirent vraiment aux peuples que la
fin ultime de tout serait « l’unification » sous un gouvernement mondial
d’un certain type. La question, qui dirigerait ce gouvernement mondial,
fut une question qui ne ne reçut jamais de réponse directe ; tant
d’autres points des Protocoles ont été accomplis, que leur affirmation
que ce serait l’instrument de la conspiration pour gouverner le monde
« par la violence et l’intimidation » mérite qu’on y réfléchisse à deux
fois.
La caractéristique particulière des deux guerres du XXe siècle est
la déception que chacune apporta aux peuples qui semblaient être
victorieux. « La connaissance étrange », donc, semble à nouveau avoir
inspiré la déclaration, faite en 1905 ou avant :
« Depuis cette époque » (la Révolution française) « nous avons mené
les peuples de désillusion en désillusion », suivi ensuite de : « Par ce
procédé, tous les gouvernements sont torturés ; ils hurlent pour
réclamer le repos ; et, pour l’amour de la paix, ils sont prêts à tous
les sacrifices. Mais nous ne leur laisserons aucune paix jusqu’à ce
qu’ils aient reconnu notre Supergouvernement international, et avec
soumission. »
Ces mots, écrits avant 1905, semblent exactement décrire le cours
du XXe siècle.
De nouveau, le document dit : « Il est indispensable à nos desseins
que les guerres n’amènent aucun gain territorial. » On fit de cette
expression, de 1905 ou antérieure, le slogan principal ou le principe
moral apparent, proclamé par les leaders politiques de l’Amérique et de
la Grande-Bretagne dans les deux guerres mondiales, et dans ce cas,
les résultats ont montré la différence entre « la parole » et « l’acte » « du
diplomate. » Le résultat principal de la Première Guerre fut d’établir le
sionisme révolutionnaire et le communisme révolutionnaire en tant
que nouvelles forces dans les affaires internationales, le premier par
« une patrie » promise, et le second par un État résident. Le résultat
principal de la Seconde Guerre fut que d’autres « gains territoriaux » se
sont accumulés pour, et seulement pour, le sionisme et le
communisme ; le sionisme a reçu son État résident, et le communisme
la moitié de l’Europe. « L’exactitude mortelle » (des mots de Lord
Sydenham) des prévisions des Protocoles semble apparente dans ce
cas, où une expression spécieuse utilisée dans les Protocoles de 1905
devint le langage quotidien des présidents américains et des Premiers
ministres britanniques en 1914-1918 et 1939-1945.
La raison pour laquelle les auteurs des Protocoles considérèrent ce
slogan comme aussi important, pour tromper les peuples, est aussi
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expliqué. Si on refuse des « gains territoriaux » aux nations impliquées
dans les guerres, les seuls vainqueurs seront alors « notre agentur
internationale… nos droits internationaux balayeront les lois du
monde entier, et gouverneront les nations comme les gouvernements
individuels leurs sujets. » Pour provoquer cet état de choses, des
politiciens dociles sont nécessaires et les Protocoles disent à leur sujet :
« Nous choisirons parmi le public des administrateurs aux tendances
serviles. Ils seront inexpérimentés dans l’art de gouverner. Nous les
transformerons facilement en pions sur notre échiquier où ils seront
mus par nos savants et sages conseillers, tout spécialement formés
dès la plus tendre enfance pour diriger les affaires du monde. »
Le lecteur peut juger par lui-même si cette description correspond
à certains des « administrateurs » de l’Occident durant les cinq
dernières décennies ; le test est leur attitude envers le sionisme, la
révolution mondiale et le gouvernement mondial, et les chapitres
suivants apporteront l’information sur ces trois aspects. Mais
« l’exactitude mortelle » semble résider encore plus dans l’allusion aux
« conseillers. »
Revoilà « la connaissance étrange », exposée il y a plus de
cinquante ans. En 1905, « le conseiller » non-élu mais puissant était
inconnu du public. Des hommes véritablement éclairés, tels que
Disraeli, savaient que « le monde est dirigé par des personnages très
différents de ce qui peuvent imaginer ceux qui ne sont pas dans les
coulisses », mais pour le grand public, ce passage n’aurait rien signifié.
Cependant, durant les Première et Seconde Guerres mondiales, le
« conseiller » non-élu, officieux mais impérieux, devint un personnage
public familier. Il apparut à visage découvert (sous des « pouvoirs
d’urgence ») et devint connu et accepté passivement par le public ; le
mépris affiché des Protocoles pour « la foule » était probablement
justifié par cette soumission à l’autorité exercée dans les coulisses,
même quand celle-ci était exercée ouvertement. Aux États-Unis, par
exemple, « les conseillers sur les affaires juives » devinrent résidents à
la Maison Blanche et dans les sièges des armées américaines
d’occupation. Un financier (qui recommanda publiquement des
mesures drastiques pour « diriger les affaires du monde ») fut le
conseiller de tant de présidents que la presse le surnomma de manière
permanente « l’Homme d’État sage », et les Premiers ministres anglais
en visite se rendaient également chez lui, comme s’il était un siège
d’autorité suprême.
Les Protocoles prévirent ce régime des « conseillers » quand nul ne
comprenait ce que cela signifiait, et peu auraient cru qu’ils
apparaîtraient ouvertement dans les hautes sphères.
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Les Protocoles affirment à plusieurs reprises que le premier
objectif est la destruction de la classe dirigeante existante
(« l’aristocratie », le terme employé, était toujours applicable en 1905)
et la saisie de la propriété par l’exhortation de la « foule » inhumaine et
brutale. De nouveau, les événements suivants donnent à la
« prévision » son « exactitude mortelle » :
« En politique, n’hésitons pas à confisquer la propriété, si nous
pouvons ainsi acquérir soumission et pouvoir…
Notre appel « Liberté, Égalité, Fraternité » amena dans nos rangs, des
quatre coins du monde, grâce à nos agents inconscients, des légions
entières qui portèrent nos bannières avec extase. Pendant ce temps,
ces mots, comme autant de vers rongeurs, dévoraient la prospérité
des chrétiens, détruisaient leur paix, leur tranquillité et leur
solidarité, ruinant ainsi les fondations des États.
Ce fut cette action qui amena notre triomphe. Elle nous donna, entre
autres choses, la possibilité de jouer notre as d’atout : l’abolition des
privilèges, en d’autres termes, l’existence de l’aristocratie des peuples,
seule protection qu’avaient contre nous les nations et les pays. Sur
les ruines de l’aristocratie naturelle et héréditaire, nous élevâmes, en
lui donnant des bases ploutocratiques, une aristocratie à nous. Nous
l’établîmes sur la richesse tenue sous notre contrôle et sur la science
promue par nos savants… Le seul fait que les représentants de la
nation peuvent être déposés les livra à notre pouvoir et mit
pratiquement leur choix entre nos mains.
Nous tenons à passer pour les libérateurs du travailleur, venus pour
le délivrer de cette oppression en lui suggérant d’entrer dans les
rangs de nos armées de socialistes, d’anarchistes et de
communistes… Nous gouvernerons les masses en tirant parti des
sentiments de jalousie et de haine allumés par l’oppression et le
besoin. Et, au moyen de ces sentiments, nous nous débarrassons de
ceux qui entravent notre marche.
La populace, dans son ignorance, croit aveuglément tout ce qui est
imprimé et les fallacieuses illusions dûment inspirées par nous, et
elle est hostile à toutes les classes qu’elle croit au-dessus d’elle, car
elle ne comprend pas l’importance de chaque caste.
Ces masses seront alors heureuses de se précipiter sur ceux que,
dans leur ignorance, elles ont jalousés dès l’enfance : elles
répandront leur sang et pourront ensuite s’emparer de leurs biens.
On ne “nous” fera pas de mal, parce que le moment de l’attaque nous
275
sera connu et que nous prendrons des mesures pour protéger nos
intérêts.
Le mot « liberté » met la société en conflit avec toutes les puissances,
même avec celle de la Nature et avec celle de Dieu. C’est pourquoi,
lorsque nous arriverons au pouvoir, ils nous faudra effacer le mot
« liberté » du dictionnaire humain, comme étant le symbole du
pouvoir bestial qui transforme les hommes en animaux
sanguinaires… La liberté pourrait être inoffensive et exister dans les
gouvernements et les pays sans être préjudiciable à la prospérité du
peuple, si elle reposait sur la religion et sur la crainte de Dieu… C’est
pourquoi nous devons arracher de l’esprit des masses jusqu’à la
conception même de Dieu et la remplacer par des calculs
arithmétiques et des besoins matériels… »
« Nous avons mis en désaccord les uns avec les autres tous les
intérêts personnels et nationaux des peuples pendant près de vingt
siècles, en y mêlant des préjugés de religion et de tribu. De tout cela,
il résulte que pas un seul gouvernement ne trouvera d’appui chez ses
voisins lorsqu’il fera contre nous appel à leur aide, parce que chacun
d’eux pensera qu’une action intentée contre nous pourrait être
désastreuse pour son existence individuelle. Nous sommes trop
puissants - le monde doit compter avec nous. Les gouvernements ne
peuvent même pas faire un traité de peu d’importance sans que nous
y soyons secrètement impliqués…
Pour s’assurer l’opinion publique, il faut, tout d’abord, l’embrouiller
complètement en lui faisant entendre de tous côtés et de toutes
manières des opinions contradictoires, jusqu’à ce que les masses
soient perdues dans leur labyrinthe. Ils comprendront alors que le
meilleur parti à prendre est de n’avoir aucune opinion en matière
politique ; matière qui n’a pas été comprise du public, mais qui doit
être exclusivement réservée à ceux qui dirigent les affaires. Ceci est le
premier secret. Le second secret, nécessaire au succès de notre
gouvernement, consiste à multiplier à un tel degré les fautes, les
habitudes, les passions et les lois conventionnelles du pays que
personne ne soit plus capable de penser clairement dans ce chaos ;
les hommes cesseront ainsi de se comprendre les uns les autres…
Par tous ces moyens nous opprimerons tant les populations qu’elles
seront contraintes de nous demander de les gouverner
internationalement. Dès que nous aurons atteint une telle position,
nous pourrons aussitôt absorber toutes les puissances
gouvernementales du monde entier et former un Supergouvernement
universel. Nous remplacerons les gouvernements
276
existants par un monstre que nous appellerons l’administration du
Super-gouvernement. Ses mains s’étendront au loin comme de
longues tenailles et il aura à sa disposition une organisation telle qu’il
ne pourra manquer de soumettre toutes les nations. »
Que les Protocoles révèlent la source commune d’inspiration du
sionisme et du communisme est montré par les parallèles significatifs
qui peuvent être tracés entre les deux méthodes principales qui y sont
stipulées, et les méthodes principales suivies par le Dr Herzl et Karl
Marx :
Les Protocoles mettent à plusieurs reprises l’accent sur
l’exhortation de « la foule » contre la classe dirigeante comme le moyen
le plus efficace de détruire les États et les nations et de réaliser la
domination mondiale. Le Dr Herzl, comme il a été montré dans le
chapitre précédent, utilisa précisément cette méthode pour gagner
l’écoute des dirigeants européens.
Ensuite, Karl Marx. les Protocoles disent,
« L’aristocratie des masses, comme puissance politique, n’est plu…
mais, comme propriétaires fonciers, les aristocrates sont encore
dangereux pour nous, parce que leur indépendance est assurée par
leurs ressources. Il nous est donc indispensable de dépouiller à tout
prix l’aristocratie de ses terres… Il faut qu’en même temps nous
protégions le plus possible le commerce et l’industrie… Il est essentiel
que l’industrie draine toutes les richesses de la terre et que la
spéculation verse entre nos mains ces mêmes richesses ainsi
captées… »
Karl Marx suivit exactement cette formule dans son Manifeste
communiste. Il est vrai qu’il déclara que le communisme pourrait se
résumer en une phrase, « l’abolition de la propriété privée », mais par
la suite, il nuança ce dicton en limitant la réelle confiscation à la terre
et en impliquant que d’autres types de propriété privée devraient rester
intacts. (Dans l’événement marxiste postérieur, bien sûr, toute
propriété privée fut confisquée, mais je parle ici du strict parallèle
entre la stratégie fixée avant l’événement à la fois par les Protocoles et
par Marx).
Un passage d’intérêt particulier pour aujourd’hui, bien qu’il fût
écrit avant 1905, dit :
« Actuellement, si quelques gouvernements se rendent répréhensibles
à notre égard, ce n’est que pure formalité, et tout se passe avec notre
connaissance et notre plein consentement, car nous avons besoin de
leurs débordements antisémites pour maintenir dans l’ordre nos
frères inférieurs. »
Une caractéristique différente de notre ère est la manière dont
l’accusation « d’antisémitisme » est continuellement transférée d’un
pays à un autre, le pays ainsi accusé devenant automatiquement
277
l’ennemi spécifié dans la guerre suivante. Ce passage pourrait susciter
chez la personne prudente un regard sceptique sur les rapports
périodiques actuels de soudains retournements « antisémites » en
Russie communiste ou ailleurs.
La ressemblance avec les documents de Weishaupt est très forte
dans les passages qui touchent à l’infiltration des départements
publics, des professions et des partis, par exemple :
« Nous sommes la source d’une terreur s’étendant au loin. Nous
avons à notre service des gens de toute opinion et de tous les partis :
des hommes désireux de rétablir les monarchies, des socialistes, des
communistes et des partisans de toutes sortes d’utopies. Nous les
avons tous mis sous le harnais ; chacun, à sa manière, mine le reste
du pouvoir et essaye de détruire les lois existantes. Par ce procédé,
tous les gouvernements sont torturés ; ils hurlent pour réclamer le
repos ; et, pour l’amour de la paix, ils sont prêts à tous les sacrifices.
Mais nous ne leur laisserons aucune paix jusqu’à ce qu’ils aient
reconnu notre Supergouvernement international, et avec
soumission. »
Les allusions à la pénétration des universités en particulier et de
l’éducation en général, proviennent aussi directement de Weishaupt,
ou de la source antérieure, quelle qu’elle fût, dont il les reçut :
« … nous transformerons les universités… Les chefs et les professeurs
des universités seront spécialement préparés au moyen de
programmes d’action perfectionnés et secrets, dont ils seront
instruits et ne pourront s’écarter sans châtiment. Ils seront désignés
avec soin et dépendront entièrement du gouvernement. »
Cette pénétration secrète des universités (qui fut réussie chez les
Allemands à l’époque de Weishaupt, comme le montrent ses
documents) fut en très grande partie efficace durant notre génération.
Les deux représentants gouvernementaux britanniques qui, après leur
vol pour Moscou, paradaient devant la presse internationale en 1956,
pour déclarer qu’ils avaient été capturés par le communisme dans
leurs universités, étaient des produits typiques de cette méthode,
décrite par les Protocoles au début de ce siècle et par Weishaupt en
1787.
Les documents de Weishaupt parlent de la franc-maçonnerie
comme de la meilleure « couverture » à utiliser par les agents de la
conspiration. Les Protocoles attribuent la fonction de « couverture » au
« libéralisme » : « Lorsque nous eûmes injecté le poison du libéralisme
dans l’organisation de l’État, sa complexion politique changea ; les
États furent infectés d’une maladie mortelle : la décomposition du
sang. Il ne reste plus qu’à attendre la fin de leur agonie. »
Le terme « rêveurs utopiques », utilisé plus d’une fois, s’appliqué
aux libéraux, et sa source originale réside probablement dans
278
l’allusion de l’Ancien Testament aux « rêveurs de rêves » et aux « faux
prophètes » qui doivent être mis à mort. La fin du libéralisme, donc,
serait apparente au chercheur même si les Protocoles ne le spécifièrent
pas : « Nous déracinerons toute tendance libérale de chacune des
institutions de propagande importantes dans notre gouvernement,
institutions dont peut dépendre la formation de tous ceux qui seront
nos sujets. »
Les régimes « Big Brother » de notre siècle sont prédits de manière
très juste dans le passage : « Notre gouvernement aura l’apparence
d’une mission patriarcale dévolue à la personne de notre souverain. »
Le républicanisme, aussi, doit être une « couverture » pour la
conspiration. Les Protocoles sont particulièrement dédaigneux du
républicanisme, en lequel (et dans le libéralisme) ils voient l’arme
d’autodestruction forgée à partir de « la foule » : « … L’institution d’une
ère républicaine devint alors possible, et nous remplaçâmes le
souverain par sa caricature en la personne d’un président tiré par
nous de la foule et choisi parmi nos créatures et nos esclaves. »
Puis, les scribes inconnus de cette époque précédant 1905,
décrivent la position à laquelle les présidents américains ont été
réduits à notre siècle. Le passage commence par : « Dans un avenir
prochain, nous rendrons les présidents responsables. » Cela, comme la
suite le montre, signifie responsabilité personnelle, par opposition à
responsabilité restreinte par des contrôles constitutionnels ; le
président doit devenir l’un des « élus dictateurs » prévus
antérieurement, dont la fonction doit être de démolir les défenses
constitutionnelles des États et se préparer ainsi à l’ « unification…
sous notre domination »
Pendant les Première et Seconde Guerres mondiales, les
présidents américains devinrent vraiment, de fait, des « présidentsdictateurs
» dans ce sens-là, prétendant que « l’urgence » et le besoin
de la « victoire » dictaient cette saisie des pouvoirs de responsabilité
personnelle ; pouvoirs qui seraient restitués « au peuple » quand
« l’urgence » serait passée. Les lecteurs suffisamment âgés se
rappelleront à quel point cela paraissait inconcevable avant que cela
n’arrive, et de quelle manière passive cela fut ainsi accepté. Le passage
continue ensuite :
« La Chambre des députés élira, protégera et masquera le président ;
mais nous retirerons à cette Chambre son pouvoir d’introduire et de
modifier les loi. Nous donnerons ce pouvoir au président responsable,
qui sera comme une marionnette entre nos mains…
De plus, nous conférerons au président le pouvoir de proclamer l’état
de guerre. Nous expliquerons cette prérogative par le fait que le
279
président, étant le chef de l’armée, doit la tenir sous son autorité en
cas de besoin… Il est clair que, dans de telles conditions, la clef de la
situation intérieure sera entre nos mains, et nul autre que nous ne
contrôlera la législation…
Sous notre direction, le président interprétera les lois qui pourraient
être comprises de plusieurs manières. De plus, il annulera les lois au
cas où cela nous paraîtrait opportun. Il aura également le droit de
proposer de nouvelles lois temporaires et même des modifications
dans l’uvre constitutionnelle du gouvernement, invoquant pour cela
les exigences de la prospérité du pays.
De telles mesures nous permettront de retirer graduellement tous les
droits et toutes les concessions que nous aurions pu être tout
d’abord contraints d’accorder en nous arrogeant le pouvoir. Nous
aurons été obligés de les introduire dans la Constitution des
gouvernements pour dissimuler l’abolition progressive de tous les
droits constitutionnels, lorsque l’heure viendra de substituer notre
autocratie à tous les gouvernements existants. »
Cette prévision de 1905, ou d’avant, mérite particulièrement le
titre d’ « exactitude mortelle » de Lord Sydenham ». Les présidents
américains, dans les deux guerres de ce siècle, agirent comme il est
montré ici. Ils prirent bien le droit de déclarer et de faire la guerre, et
cela fut utilisé au moins une fois (en Corée) depuis la fin de la Seconde
Guerre mondiale ; toute tentative au Congrès ou à l’extérieur de les
priver de ce pouvoir ou de les restreindre dans leur utilisation se
heurte à une attaque violemment hostile.
Les Protocoles continuent ainsi. On n’accordera pas aux peuples,
dans leur progression « de désillusion en désillusion», « un moment de
répit. » Tout pays « qui ose s’opposer à nous » trouvera la guerre, et
toute opposition collective, la « guerre universelle. » On ne permettra
pas aux peuples « de lutter par la sédition » (voici la clé des attaques
furieuses des années 1790, 1920 et d’aujourd’hui contre toutes les
demandes d’ « investigation», la « chasse aux sorcières », le «
maccarthysme », et ainsi de suite).
Dans le super-État à venir, l’obligation incombera aux membres
d’une famille de dénoncer les dissidents à l’intérieur du cercle familial
(la dispense de l’Ancien Testament mentionnée antérieurement). « La
destruction complète de la religion chrétienne » ne sera pas retardée
longtemps. Les peuples seront maintenus dans la distraction par des
amusements insignifiants (« des palais populaires ») pour les empêcher
de devenir gênants et de poser des questions. L’histoire sera réécrite
pour les besoins de leur illusion (un autre précepte accompli depuis,
en Russie communiste), car « nous effacerons de la mémoire humaine
280
le passé qui pourrait nous être défavorable, ne laissant subsister que
les faits où s’affirment indubitablement les erreurs des gouvernements
nationaux. » « Tous les rouages du mécanisme de l’État sont mus par
une force qui est entre nos mains, à savoir : l’or. »
Et à la fin de tout cela : Il faut que nous arrangions les choses de
façon qu’en dehors de nous, il n’y ait dans tous les pays qu’un
immense prolétariat, quelques millionnaires dévoués à notre cause,
des policiers et des soldats… La reconnaissance de notre despote…
partira du moment où le peuple, déchiré par les discordes et
souffrant de la faillite de ses dirigeants… vociférera : “Déposez-les, et
donnez-nous un chef mondial qui puisse nous unir et détruire toutes
les causes de dissensions, c’est-à-dire les frontières, les nationalités,
les religions, les dettes d’État, etc., un chef qui puisse nous donner la
paix et le repos que nous ne pouvons trouver sous le gouvernement
de nos souverains et de nos représentants”. »
Dans deux ou trois de ces passages, j’ai substitué « peuple » ou
« masses » à « Goy », parce que l’utilisation de ce mot touche à
l’affirmation infondée contenue dans le titre du livre, et je ne veux pas
embrouiller les questions ; la preuve de l’identité des auteurs de la
conspiration doit être cherchée ailleurs que dans une allégation non
prouvée. Les auteurs pouvaient être juifs, non-juifs ou antisémites.
C’est sans importance. Quand il fut publié, cet ouvrage était le
manuscrit dactylographié d’un drame qui n’avait pas encore été joué ;
aujourd’hui, cela fait cinquante ans qu’il se déroule, et son titre est Le
Vingtième siècle. Les personnages qui y sont dépeints évoluent sur
notre scène contemporaine, jouent les rôles prédits et génèrent les
événements prévus.14
Seul reste le dénouement - fiasco ou accomplissement. C’est un
plan grandiose, et selon moi, il ne peut réussir. Mais il existe depuis
au moins 180 ans, et probablement depuis beaucoup plus longtemps,
et les Protocoles ont fourni une nouvelle preuve dans une suite de
preuves qui s’est depuis grandement allongée. La conspiration pour la
domination mondiale via un État esclave mondial existe et ne peut
être, à cette étape, brusquement stoppée ou interrompue ; avec l’élan
qu’elle a pris, elle doit maintenant continuer jusqu’à l’accomplissement
ou l’échec. L’un ou l’autre sera destructeur pendant un temps, et
difficile pour ceux vivant à l’époque où se produira le dénouement.
14 La traduction française des Protocoles des Sages de Sion peut être trouvée en ligne sur
Wikipédia : http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Protocoles_des_Sages_de_Sion - NdT
l’Est durant le siècle dernier, et apparaissaient au début de celui-ci
comme une nouvelle force dans les affaires internationales (quand le
gouvernement britannique lui offrit l’Ouganda), la révolution mondiale,
dans ces mêmes régions talmudiques, prépara sa troisième
« éruption ». Les deux forces avançaient ensemble en synchronisation
(car le sionisme, comme on l’a montré, utilisait la menace du
communisme en Europe pour avoir l’oreille des dirigeants européens
concernant sa demande territoriale à l’extérieur de l’Europe). C’était
comme si des turbines jumelles commençaient à tourner, produisant
ce qui était dans les faits une force, dont le nouveau siècle allait
recevoir des chocs galvaniques.
Selon Disraeli et Bakounine, la révolution mondiale était passée
sous le leadership juif autour du milieu du siècle, et ses buts
changèrent alors. Les disciples de Bakounine, qui cherchaient à
supprimer l’État en tant que tel parce qu’ils prévoyaient que l’État
révolutionnaire pourrait devenir plus despotique que n’importe quel
despotisme précédent, furent évincés et oubliés. La révolution
mondiale prit suite à cela la forme du Manifeste communiste de Karl
Marx, qui visait au super-État fondé sur le travail d’esclave et « la
confiscation de la liberté humaine » (comme de Tocqueville l’écrivait en
1848).
Ce changement de leadership et d’ojectifs détermina le cours du
XXe siècle. Cependant, les méthodes par lesquelles l’ordre existant
devait être détruit ne changèrent pas ; elles continuèrent d’être celles
révélées par les papiers de Weishaupt publiés en 1787. De nombreuses
publications du XIXe siècle montrèrent que le plan illuministe original
avait traversé les générations pour être le manuel des révolutionnaires
de tous les camps, quant à la méthode.
Ces travaux propageaient ou exposaient le plan destructif de
façons diverses, parfois allégoriques, mais toujours reconnaissables en
comparant avec l’original - les documents de Weishaupt. En 1859,
Crétineau Joly attaqua le leadership juif des « sociétés secrètes ». Son
livre reproduisait des documents (communiqués par le Pape Grégoire
XVI) de la société secrète italienne, la Haute Vente Romaine ; leur
authenticité est incontestable. La Haute Vente Romaine était dirigée
par un prince italien qui avait été initié par un des propres intimes de
Weishaupt (Knigge), et était une réincarnation des Illuminati. Le cercle
extérieur des initiés, les dupes, était persuadé que « l’objet de
264
l’association était quelque chose de haut et de noble, que c’est l’Ordre
de ceux qui désirent une moralité plus pure et une piété plus forte,
l’indépendance et l’unité de leur pays. » Ceux qui gravissaient les
échelons internes apprenaient progressivement les buts réels et
juraient de détruire toute religion et gouvernement légitime ; puis, ils
recevaient les secrets d’assassinat, de poison et de faux serment
divulgués la première fois par les documents de Weishaupt.
En 1862, Karl Marx (dont le Manifeste communiste est
manifestement illuministe) fonda sa première Internationale, et
Bakounine forma son Alliance sociale démocratique (dont le
programme, comme Mme Nesta Webster l’a montré par ses citations de
passages corrélatifs, étaient du pur Illuminisme). La même année,
Maurice Joly publia une attaque contre Napoléon III, à qui il attribuait
les méthodes identiques de corruption et de ruine du système social
(ce livre était écrit sous forme allégorique). En 1868, l’Allemand
Goedsche reproduisit les mêmes idées sous la forme d’une attaque
contre le leadership juif de la révolution, et en 1869, le catholique et
royaliste français Gougenot Des Mousseaux reprit le même thème.
Cette année-là, Bakounine publia aussi sa Polémique Contre les Juifs.
Dans tous ces ouvrages, sous une forme ou une autre, la
continuité de l’idée de base d’abord révélée par les documents de
Weishaupt apparaît : à savoir, celle de la destruction de tout
gouvernement, religion et nationalité légitimes, et de l’installation d’un
despotisme universel pour gouverner les masses asservies par la
terreur et la violence. Certains d’entre eux attaquaient l’usurpation -
ou la succession - juive du leadership de la révolution.
Après cela, ily eut une pause dans la littérature publiée sur la
conspiration révélée pour la première fois en 1787, jusqu’en 1905, où
un certain professeur Sergyei Nilus, fonctionnaire au Département des
religions étrangères à Moscou, publia un livre, dont le British Museum
à Londres possède une copie portant un cachet de la poste daté du 10
août 1906. On attribuerait un grand intérêt à tout ce qui pourrait être
découvert sur Nilus et son livre, qui n’a jamais été traduit ; le mystère
qui les entoure lui et son livre bloque la recherche. Un chapitre a été
traduit en anglais en 1920. Cela mérite d’être mentionné ici, parce que
la publication originale eut lieu en 1905, même si le tumulte violent ne
commença que quand elle fut diffusée en anglais, en 1920.
Cet unique chapitre fut publié en Angleterre et en Amérique sous
le nom « The Protocols of the Learned Elders of Zion » [Les Protocoles des
Sages de Sion – NdT] ; je n’ai pas réussi à savoir si c’était le titre du
chapitre original, ou s’il fut fourni pendant la traduction. Aucune
preuve n’est donnée que le document est ce qu’il prétend être - un
compte rendu d’une réunion secrète de « sages » juifs. À cet égard, il
est donc sans valeur.
265
À tout autre égard, il est d’une importance inestimab1e, car il
s’avère, par le test conclusif (celui des événements suivants) être un
document authentique de la conspiration mondiale révélée en premier
lieu par les papiers de Weishaupt. Beaucoup d’autres documents dans
la même série avaient suivi cette première révélation, comme je l’ai
montré, mais celui-ci les dépasse tous. Les autres étaient
fragmentaires et donnaient des aperçus ; celui-ci donne l’image entière
de la conspiration, la motivation, la méthode et l’objectif. Il n’ajoute
rien de nouveau à ce qui avait été révélé par morceaux (sauf
l’attribution non prouvée aux sages juifs eux-mêmes), mais il met en
place toutes les pièces et expose le tout. Il dépeint exactement tout ce
qui est arrivé en cinquante ans depuis sa publication, et ce qui suivra
clairement dans les cinquante ans suivants, à moins que d’ici là, la
force que la conspiration a générée ne produise la contre-force.
Il est informé par une masse de connaissance (particulièrement
des faiblesses humaines) qui ne pouvait venir que de l’expérience
accumulée et de l’étude continuelle des siècles, ou des âges. Il est écrit
dans un style de supériorité élevée, comme par des êtres perchés sur
quelque pinacle olympien de sagesse sardonique et antique et de
dédain moqueur pour les masses se tortillant tout en bas (« la foule. »..
« animaux alcoolisés. ».. « bétail. ».. « bêtes sanguinaires »), qui luttent
en vain pour échapper « aux pinces » qui se referment sur elles ; ces
pinces sont « le pouvoir de l’or » et la force brutale de la foule, incitée à
détruire ses seuls protecteurs, et par conséquent, elle-même.
L’idée destructrice est présentée sous la forme d’une théorie
scientifique, presque d’une science exacte, discutée avec ferveur et
éloquence. En étudiant les Protocoles, je suis constamment rappelé à
quelque chose qui attira mon regard dans le dicton de Disraeli, cité
plus tôt. Disraeli, qui était prudent dans le choix des mots, parla du
« principe destructeur » (non l’idée, l’arrangement, la notion, le plan, le
complot ou autre), et les Protocoles élèvent la théorie de la destruction
à ce statut « d’une vérité fondamentale, une loi primaire ou
fondamentale, une loi directrice de conduite » (pour citer les diverses
définitions du dictionnaire du terme « principe »). Dans de nombreux
passages, les Protocoles paraissent, à première vue, recommander la
destruction comme une chose vertueuse en soi et justifiant par
conséquent toutes les méthodes explicitement recommandées pour la
promouvoir (subornation, chantage, corruption, subversion, sédition,
incitation des foules, terreur et violence), qui deviennent ainsi
vertueuses également.
Mais un examen attentif montre que ce n’est pas le cas. En fait,
l’argument présenté commence à la fin, la puissance mondiale, et
revient en arrière sur les moyens, qui sont préconisés simplement
comme étant les meilleurs pour cette fin. La fin est celle révélée en
266
premier lieu dans les documents de Weishaupt, et il est apparent que
tous les deux viennent d’une source bien plus ancienne, bien que les
Protocoles, dans le temps, se situent, par rapport aux papiers de
Weishaupt, comme le petit-fils par rapport au grand-père. Le but final
est la destruction de toute religion et nationalité, et l’établissement du
super-État, gouvernant le monde par une terreur impitoyable.
Quand les Protocoles parurent en anglais, l’attaque juive enragée
du document lui-même donna l’impression trompeuse que le point
mineur - qui était l’auteur de ce document particulier ? – était d’une
importance majeure. L’affirmation solennelle de leadership juif de la
conspiration révolutionnaire n’était pas nouvelle du tout ; le lecteur a
vu que Disraeli, Bakounine et plusieurs autres l’affirmèrent plus tôt.
Dans ce cas, les allégations concerant une réunion spécifique de
leaders juifs de la conspiration étaient infondées, et auraient pu être
ignorée (en 1913, une publication quelque peu semblable accusa les
Jésuites d’inciter à une conspiration mondiale ressemblant à ce qui est
dépeint de la même façon dans les Protocoles et dans les papiers de
Weishaupt ; les Jésuites firent tranquillement remarquer que cela était
faux, et la question fut oubliée).
La réponse de la communauté juive officielle en 1920 et par la
suite fut différente. Elle attaqua, avec rage, la substance entière des
Protocoles ; elle ne s’arrêta pas à la négation d’un complot juif, mais
nia l’existence de tout complot, ce qui était manifestement faux.
L’existence de la conspiration avait été reconnue et affirmée par une
longue chaîne d’autorités supérieures, d’Edmond Burke, George
Washington et Alexandre Hamilton à Disraeli, Bakounine et plusieurs
autres mentionnés dans un chapitre précédent. De plus, quand les
Protocoles apparurent en anglais, la preuve conclusive avait été donnée
par l’événement de Russie. Ainsi, la nature de l’attaque juive ne
pouvait-elle que renforcer les doutes publics ; elle protestait beaucoup
trop.
Cette attaque était la répétition de celle qui avait réduit au silence
ces premiers leaders de la demande publique d’investigation et de
recours, Robison, Barruel et Morse, mais cette fois, c’était une attaque
juive. Ces trois hommes n’avaient aucunement imputé le leadership
juif, et ils furent seulement diffamés parce qu’ils attiraient l’attention
publique sur la nature ininterrompue de la conspiration, et sur le fait
que la Révolution française n’était clairement que sa première
« éruption ». L’attaque des Protocoles dans les années 1920 prouvait
par-dessus tout la vérité de leur affirmation ; elle montrait que
l’organisation permanente pour la suppression du débat public sur la
conspiration avait été perfectionnée au cours des 120 ans écoulés.
Probablement autant d’argent et d’énergie n’avaient jamais été
267
dépensés auparavant, dans l’Histoire, dans l’effort de supprimer un
seul document.
Il fut apporté en Angleterre par l’un des deux correspondants
britanniques à Moscou, importants à l’époque : Victor Marsden du
Morning Post (l’histoire significative de l’autre correspondant appartient
à un chapitre postérieur). Marsden était une autorité en ce qui
concernait la Russie, et était fortement sous l’effet persistant de la
Terreur. Il fut dans les faits sa victime, car il mourut peu après avoir
achevé ce qu’il ressentait comme un devoir, une évidence : la
traduction des Protocoles au British Museum.
La publication en anglais éveilla l’intérêt du monde entier. Cette
période (1920 et après) marque la fin de l’époque où les questions
juives pouvaient être impartialement discutées en public. Le débat
initial fut libre et vigoureux, mais dans les années qui suivirent,
l’attaque réussit à imposer la loi de lèse-majesté sur cette question, et
aujourd’hui, on ne trouve guère d’homme ou de document public qui
se risque à mentionner les Protocoles, sauf pour les déclarer
« contrefaits » ou « infâmes » (un acte de soumission qui fut aussi
prédit chez eux).
La première réaction fut naturelle. Les Protocoles furent reçus
comme la preuve formidable d’une conspiration internationale contre
la religion, la nationalité, le gouvernement légitime et la propriété.
Tous reconnurent que l’attribution de la paternité juive était infondée,
mais que le sujet était si grave et si fortement corroboré par les
événements postérieurs à la publication originale, qu’une enquête
complète était nécessaire. Ce recours, « l’investiation», était celui
préconisé par beaucoup d’hommes importants, 120 ans auparavant.
Dans ce cas, l’attaque porta dans les faits à nouveau sur la demande
d’investigation, pas sur la simple allégation contre « les Sages de Sion ».
Le Times (de Londres) dit le 8 mai 1920, dans un long
article : « Une enquête impartiale sur ces supposés documents et sur
leur histoire est des plus souhaitables… Allons-nous écarter la
question entière sans enquête, et laisser invérifiée l’influence d’un livre
tel que cet ouvrage ? » Le Morning Post (alors le plus ancien et le plus
sobre journal britannique) publia vingt-trois articles, appelant aussi à
une investigation.
Dans The Spectator, du 27 août 1921, Lord Sydenham, une
autorité première à l’époque, recommanda aussi une investigation : « La
question principale est, bien sûr, la source d’où Nilus a obtenu les
Protocoles. Les Russes qui connaissaient Nilus et ses écrits n’ont pu
être tous exterminés par les bolcheviques. Son livre… n’a pas été
traduit, alors qu’il pourrait donner une certaine idée de l’homme…
Quelle est la caractéristique la plus saisissante des Protocoles ? La
268
réponse est une connaissance d’un ordre rare, embrassant le domaine
le plus large. La solution à ce “mystère”, si c’en est un, doit être
trouvée là où cette connaissance étrange, sur laquelle sont basées les
prophéties maintenant littéralement accomplies, se révèle résider. » En
Amérique, M. Henry Ford, déclarant que « les Protocoles ont
correspondu à la situation mondiale jusqu’à maintenant ; ils y
correspondent aujourd’hui », poussa son Dearborn Independent à
publier une série d’articles dont un million et demi de réimpressions
furent vendues.
En l’espace de deux ans, le propriétaire du Times fut reconnu fou
(par un docteur anonyme dans un pays étranger ; un chapitre
postérieur décrira cet épisode) et se vit retirer de force le contrôle de
ses publications, et The Times publia un article balayant les Protocoles
comme un plagiat du livre de Maurice Joly. Le propriétaire du Morning
Post devint l’objet de vitupérations prlongées jusqu’à ce qu’il vende le
journal, qui cessa alors toute publication. En 1927, M. Henry Ford fit
publier une excuse adressée à un juif bien connu d’Amérique ; quand
je me trouvais aux États-Unis des années plus tard, des informateurs
crédibles me dirent qu’on l’avait persuadé de le faire - à un moment où
un nouveau modèle d’automobile Ford était sur le point d’être
commercialisé - par des menaces hostiles de la part de revendeurs,
dont il dépendait de la fortune.
La campagne contre les Protocoles n’a jamais cessé depuis lors. En
Russie communiste, toutes les copies susceptibles d’être découvertes
avaient été détruites à la révolution, et la possession du livre devint un
crime capital sous la loi contre « l’antisémitisme ». Dans la suite directe
de cela, bien que vingt-cinq ans plus tard, les autorités américaines et
britanniques en Allemagne occupée, après la Seconde Guerre
mondiale, contraignirent le gouvernement allemand occidental à
promulguer des lois contre « l’antisémitisme », sur le modèle
bolchevique ; et en 1955, un imprimeur de Munich qui reproduisit les
Protocoles se vit confisquer son affaire. En Angleterre, au moment de la
publication, la vente du livre fut temporairement arrêtée par l’autorité,
sous la pression décrite, et au cours des années, l’attaque continua si
violemment que les éditeurs en eurent peur, et seules quelques petites
sociétés locales se risquèrent jamais à l’imprimer. En Suisse, entre les
deux guerres, un procès juif fut intenté contre le livre comme
« littérature incorrecte » ; L’affaire fut gagnée, mais le verdict fut cassé
par une cour supérieure.
La situation ainsi provoquée après 1920, et continuant
aujourd’hui, fut prédite par les Protocoles en 1905 :
« À travers la presse, nous avons acquis le pouvoir d’influencer tout
en demeurant dans l’ombre…
269
Le principal facteur de succès dans la politique est le secret de ses
entreprises : les paroles ne doivent pas être en accord avec les actions
des diplomates…
Nous devons contraindre les gouvernements… à agir dans le sens
favorable à notre plan aux larges perspectives, qui approche déjà de
sa consommation désirée. [Nous le ferons] par [le biais de] ce que
nous présenterons comme étant l’opinion publique, secrètement
orientée par nous au moyen de ce qu’on appelle la “grande
puissance” - la Presse, qui, à quelques exceptions négligeables près,
est déjà entièrement entre nos mains.
Envers la presse, nous nous conduirons de la manière
suivante : Nous la mettrons sous le joug et la conduirons avec des
rênes solides… nous devrons également nous assurer le contrôle de
toutes les formes de publications. Il ne serait d’aucune utilité pour
nous de contrôler les journaux, si nous restions exposés aux
attaques des brochures et des livres…
Nul ne pourra impunément toucher au prestige de notre infaillibilité
politique. Pour interdire une publication, nous trouverons le prétexte
suivant : la publication qui vient d’être supprimée excitait, dironsnous,
l’opinion publique, sans aucune raison ou aucun fondement.
Les restrictions que nous imposerons - comme je l’ai dit - aux
publications privées nous permettront de rendre certaine la défaite de
nos ennemis, parce qu’ils n’auront aucun organe de presse à leur
disposition au moyen duquel ils pourraient donner libre cours à leurs
opinions. »
Telle est l’histoire des Protocoles jusqu’à présent. Leur attribution
aux « sages » juifs est infondée et devrait être rejetée, sans préjuger de
toute autre preuve de leadership juif de la révolution mondiale, en tant
que telle. L’attaque juive contre les Protocoles était résolue, non à
disculper la communauté juive, mais à stopper la publication sur
l’allégation qu’elle « excitait l’opinion publique, sans aucune raison ou
aucun fondement ». Les arguments avancés étaient faux ; ils disaient
que les Protocoles ressemblaient étroitement à plusieurs publications
précédentes et étaient ainsi des « plagiats » ou des « contrefaçons »,
alors que, ce que cela montrait était en vérité une chose évidente : ils
faisaient partie de la littérature ininterrompue de la conspiration. Ils
pouvaient aussi bien avoir été produits par des non-juifs ou des
révolutionnaires antisémites, et cela est d’importance secondaire. Ce
qu’ils prouvèrent, c’est que l’organisation révélée en premier lieu par
les documents de Weishaupt existait 120 ans plus tard, et utilisait
toujours les méthodes, et poursuivait le but alors exposés ; et quand
270
ils furent publiés en anglais, la révolution bolchevique avait fourni la
preuve.
À mon avis, les Protocoles fournissent le manuel essentiel pour les
chercheurs de l’époque et du sujet. Si Lord Sydenham, en 1921, fut
bloqué par la « connaissance étrange » qu’ils affichaient, « sur laquelle
sont basées les prophéties maintenant littéralement accomplies »,
combien il serait davantage impressionné aujourd’hui, en 1956, où
beaucoup plus ont été accomplies de manière tout aussi littérale. Par
ce livre, n’importe quel homme peut voir comment les bouleversements
des 150 ans passés furent provoqués, et comment ceux des cinquante
ans suivants le seront ; il saura d’avance comment les « actes » de ses
représentants élus différereront de leur « parole ».
Sur un point, je suis en mesure par ma propre expérience de
tester le dicton de Lord Sydenham sur les prophéties accomplies. Les
Protocoles, parlant de contrôle de l’information publiée, disent :
« Aucune information n’atteindra la société sans passer par notre
contrôle. Ceci est déjà pour nous un point acquis par le fait que toutes
les nouvelles sont reçues de toutes les parties du monde par un petit
nombre d’agences qui les centralisent. Lorsque nous serons arrivés au
pouvoir, ces agences nous appartiendront entièrement et ne publieront
que les nouvelles qu’il nous plaira de laisser paraître. »
Ce n’était pas cette situation en 1905, ou à l’époque de Lord
Sydenham, ou en 1926, quand je devins journaliste, mais elle était en
train de se développer, et c’est aujourd’hui la situation. Le flot de
« nouvelles » qui se déverse sur l’opinion publique par les journaux
vient de quelques agences, comme si sortant d’une demi-douzaine de
robinets. N’importe quelle main pouvant contrôler ces valves peut
contrôler les « nouvelles », et le lecteur peut observer par lui-même la
forme filtrée sous laquelle les nouvelles l’atteignent.
Quant aux vues éditoriales, basées sur cette livraison de
nouvelles, on peut comprendre la transformation qui a été provoquée,
en se référant aux articles impartialement critiques publiés dans le
Times, le Morning Post, le Spectator, le Dearborn Independent et des
milliers d’autres journaux, il y a environ vingt-cinq ans. Cela ne
pourrait pas arriver aujourd’hui. La subjugation de la presse a été
accomplie comme les Protocoles l’avaient prédit, et par le hasard de ma
génération et de ma vocation, je l’ai vue arriver.
L’étude comparative des Protocoles et des papiers de Weishaupt
mène à la forte déduction que les deux proviennent d’une source
commune et bien plus ancienne. Ils ne peuvent avoir été le produit
d’aucun homme seul ou d’un seul groupe d’hommes dans la période
où ils furent publiés ; la « connaissance étrange » qu’ils exposent eux
manifestement sur l’expérience cumulative des âges. Cela s’applique
271
particulièrement (dans les papiers de Weishaupt tout comme dans les
Protocoles) à la connaissance des faiblesses humaines, qui sont
sélectionnées avec une exactitude analytique, la méthode
d’exploitation de chacune d’entre elles étant décrite avec une jubilation
dédaigneuse.
L’instrument à utiliser pour la destruction des États-nations
chrétiens et de leur religion est « la foule. » Le mot est utilisé avec un
mépris virulent pour décrire les masses (qui en public sont flattées en
se faisant appeler « le peuple »).
« Il faut remarquer que le nombre des hommes aux instincts
corrompus est plus grand que celui des gens aux instincts nobles.
C’est pourquoi les meilleurs résultats s’obtiennent, dans le
gouvernement du monde, en employant la violence et l’intimidation…
Il faut se rendre compte que la force de la foule est aveugle,
dépourvue de raison dans le discernement et qu’elle prête l’oreille
tantôt à droite, tantôt à gauche. »
À partir de là, il est développé l’argument qu’« un despotisme
absolu » est nécessaire pour gouverner « la foule », qui est « sauvage »,
et que « notre État » emploiera « la terreur [qui tend à] produire une
soumission aveugle. » « L’accomplissement littéral » de ces préceptes en
Russie communiste doit être évident à tous aujourd’hui.
Ce « despotisme absolu » doit être investi dans le super-État
international au bout du chemin. Entre-temps des despotesmarionnettes
régionaux sont dépeints comme l’élément essentiel au
processus de destruction de la structure des États et des défenses des
peuples :
« De la part de leurs élus dictateurs actuels, Présidents du Conseil et
ministres, ils supportent des abus pour le moindre desquels ils
auraient assassiné vingt rois. Comment expliquer un tel état de
choses ?… Parce que les despotes persuadent le peuple, par
l’intermédiaire de leurs agents, que, même s’ils faisaient un mauvais
usage du pouvoir et portaient préjudice à l’État, ce serait dans un but
élevé, c’est-à-dire en vue de la prospérité du peuple pour la cause de
la fraternité, de l’union et de l’égalité internationales.
Certes, ils ne leur disent pas qu’une telle unification ne peut être
obtenue que sous notre domination. »
Ce passage est d’un intérêt particulier. Les termes « dictateurs,
Présidents du Conseil et ministres » n’aurait pas été généralement
compris en 1905, où les peuples d’Occident croyaient que leurs
représentants élus exprimaient et dépendaient de leur approbation.
Cependant, ils sont devenus applicables pendant les Première et
Seconde Guerres mondiales, lorsque des présidents américains et des
272
Premiers ministres britanniques se firent, en fait, « élus dictateurs » et
utilisèrent des pouvoirs extraordinaires au nom « de la prospérité du
peuple… la fraternité… l’égalité internationales… » De plus, ces élus
dictateurs, durant les deux guerres, dirent vraiment aux peuples que la
fin ultime de tout serait « l’unification » sous un gouvernement mondial
d’un certain type. La question, qui dirigerait ce gouvernement mondial,
fut une question qui ne ne reçut jamais de réponse directe ; tant
d’autres points des Protocoles ont été accomplis, que leur affirmation
que ce serait l’instrument de la conspiration pour gouverner le monde
« par la violence et l’intimidation » mérite qu’on y réfléchisse à deux
fois.
La caractéristique particulière des deux guerres du XXe siècle est
la déception que chacune apporta aux peuples qui semblaient être
victorieux. « La connaissance étrange », donc, semble à nouveau avoir
inspiré la déclaration, faite en 1905 ou avant :
« Depuis cette époque » (la Révolution française) « nous avons mené
les peuples de désillusion en désillusion », suivi ensuite de : « Par ce
procédé, tous les gouvernements sont torturés ; ils hurlent pour
réclamer le repos ; et, pour l’amour de la paix, ils sont prêts à tous
les sacrifices. Mais nous ne leur laisserons aucune paix jusqu’à ce
qu’ils aient reconnu notre Supergouvernement international, et avec
soumission. »
Ces mots, écrits avant 1905, semblent exactement décrire le cours
du XXe siècle.
De nouveau, le document dit : « Il est indispensable à nos desseins
que les guerres n’amènent aucun gain territorial. » On fit de cette
expression, de 1905 ou antérieure, le slogan principal ou le principe
moral apparent, proclamé par les leaders politiques de l’Amérique et de
la Grande-Bretagne dans les deux guerres mondiales, et dans ce cas,
les résultats ont montré la différence entre « la parole » et « l’acte » « du
diplomate. » Le résultat principal de la Première Guerre fut d’établir le
sionisme révolutionnaire et le communisme révolutionnaire en tant
que nouvelles forces dans les affaires internationales, le premier par
« une patrie » promise, et le second par un État résident. Le résultat
principal de la Seconde Guerre fut que d’autres « gains territoriaux » se
sont accumulés pour, et seulement pour, le sionisme et le
communisme ; le sionisme a reçu son État résident, et le communisme
la moitié de l’Europe. « L’exactitude mortelle » (des mots de Lord
Sydenham) des prévisions des Protocoles semble apparente dans ce
cas, où une expression spécieuse utilisée dans les Protocoles de 1905
devint le langage quotidien des présidents américains et des Premiers
ministres britanniques en 1914-1918 et 1939-1945.
La raison pour laquelle les auteurs des Protocoles considérèrent ce
slogan comme aussi important, pour tromper les peuples, est aussi
273
expliqué. Si on refuse des « gains territoriaux » aux nations impliquées
dans les guerres, les seuls vainqueurs seront alors « notre agentur
internationale… nos droits internationaux balayeront les lois du
monde entier, et gouverneront les nations comme les gouvernements
individuels leurs sujets. » Pour provoquer cet état de choses, des
politiciens dociles sont nécessaires et les Protocoles disent à leur sujet :
« Nous choisirons parmi le public des administrateurs aux tendances
serviles. Ils seront inexpérimentés dans l’art de gouverner. Nous les
transformerons facilement en pions sur notre échiquier où ils seront
mus par nos savants et sages conseillers, tout spécialement formés
dès la plus tendre enfance pour diriger les affaires du monde. »
Le lecteur peut juger par lui-même si cette description correspond
à certains des « administrateurs » de l’Occident durant les cinq
dernières décennies ; le test est leur attitude envers le sionisme, la
révolution mondiale et le gouvernement mondial, et les chapitres
suivants apporteront l’information sur ces trois aspects. Mais
« l’exactitude mortelle » semble résider encore plus dans l’allusion aux
« conseillers. »
Revoilà « la connaissance étrange », exposée il y a plus de
cinquante ans. En 1905, « le conseiller » non-élu mais puissant était
inconnu du public. Des hommes véritablement éclairés, tels que
Disraeli, savaient que « le monde est dirigé par des personnages très
différents de ce qui peuvent imaginer ceux qui ne sont pas dans les
coulisses », mais pour le grand public, ce passage n’aurait rien signifié.
Cependant, durant les Première et Seconde Guerres mondiales, le
« conseiller » non-élu, officieux mais impérieux, devint un personnage
public familier. Il apparut à visage découvert (sous des « pouvoirs
d’urgence ») et devint connu et accepté passivement par le public ; le
mépris affiché des Protocoles pour « la foule » était probablement
justifié par cette soumission à l’autorité exercée dans les coulisses,
même quand celle-ci était exercée ouvertement. Aux États-Unis, par
exemple, « les conseillers sur les affaires juives » devinrent résidents à
la Maison Blanche et dans les sièges des armées américaines
d’occupation. Un financier (qui recommanda publiquement des
mesures drastiques pour « diriger les affaires du monde ») fut le
conseiller de tant de présidents que la presse le surnomma de manière
permanente « l’Homme d’État sage », et les Premiers ministres anglais
en visite se rendaient également chez lui, comme s’il était un siège
d’autorité suprême.
Les Protocoles prévirent ce régime des « conseillers » quand nul ne
comprenait ce que cela signifiait, et peu auraient cru qu’ils
apparaîtraient ouvertement dans les hautes sphères.
274
Les Protocoles affirment à plusieurs reprises que le premier
objectif est la destruction de la classe dirigeante existante
(« l’aristocratie », le terme employé, était toujours applicable en 1905)
et la saisie de la propriété par l’exhortation de la « foule » inhumaine et
brutale. De nouveau, les événements suivants donnent à la
« prévision » son « exactitude mortelle » :
« En politique, n’hésitons pas à confisquer la propriété, si nous
pouvons ainsi acquérir soumission et pouvoir…
Notre appel « Liberté, Égalité, Fraternité » amena dans nos rangs, des
quatre coins du monde, grâce à nos agents inconscients, des légions
entières qui portèrent nos bannières avec extase. Pendant ce temps,
ces mots, comme autant de vers rongeurs, dévoraient la prospérité
des chrétiens, détruisaient leur paix, leur tranquillité et leur
solidarité, ruinant ainsi les fondations des États.
Ce fut cette action qui amena notre triomphe. Elle nous donna, entre
autres choses, la possibilité de jouer notre as d’atout : l’abolition des
privilèges, en d’autres termes, l’existence de l’aristocratie des peuples,
seule protection qu’avaient contre nous les nations et les pays. Sur
les ruines de l’aristocratie naturelle et héréditaire, nous élevâmes, en
lui donnant des bases ploutocratiques, une aristocratie à nous. Nous
l’établîmes sur la richesse tenue sous notre contrôle et sur la science
promue par nos savants… Le seul fait que les représentants de la
nation peuvent être déposés les livra à notre pouvoir et mit
pratiquement leur choix entre nos mains.
Nous tenons à passer pour les libérateurs du travailleur, venus pour
le délivrer de cette oppression en lui suggérant d’entrer dans les
rangs de nos armées de socialistes, d’anarchistes et de
communistes… Nous gouvernerons les masses en tirant parti des
sentiments de jalousie et de haine allumés par l’oppression et le
besoin. Et, au moyen de ces sentiments, nous nous débarrassons de
ceux qui entravent notre marche.
La populace, dans son ignorance, croit aveuglément tout ce qui est
imprimé et les fallacieuses illusions dûment inspirées par nous, et
elle est hostile à toutes les classes qu’elle croit au-dessus d’elle, car
elle ne comprend pas l’importance de chaque caste.
Ces masses seront alors heureuses de se précipiter sur ceux que,
dans leur ignorance, elles ont jalousés dès l’enfance : elles
répandront leur sang et pourront ensuite s’emparer de leurs biens.
On ne “nous” fera pas de mal, parce que le moment de l’attaque nous
275
sera connu et que nous prendrons des mesures pour protéger nos
intérêts.
Le mot « liberté » met la société en conflit avec toutes les puissances,
même avec celle de la Nature et avec celle de Dieu. C’est pourquoi,
lorsque nous arriverons au pouvoir, ils nous faudra effacer le mot
« liberté » du dictionnaire humain, comme étant le symbole du
pouvoir bestial qui transforme les hommes en animaux
sanguinaires… La liberté pourrait être inoffensive et exister dans les
gouvernements et les pays sans être préjudiciable à la prospérité du
peuple, si elle reposait sur la religion et sur la crainte de Dieu… C’est
pourquoi nous devons arracher de l’esprit des masses jusqu’à la
conception même de Dieu et la remplacer par des calculs
arithmétiques et des besoins matériels… »
« Nous avons mis en désaccord les uns avec les autres tous les
intérêts personnels et nationaux des peuples pendant près de vingt
siècles, en y mêlant des préjugés de religion et de tribu. De tout cela,
il résulte que pas un seul gouvernement ne trouvera d’appui chez ses
voisins lorsqu’il fera contre nous appel à leur aide, parce que chacun
d’eux pensera qu’une action intentée contre nous pourrait être
désastreuse pour son existence individuelle. Nous sommes trop
puissants - le monde doit compter avec nous. Les gouvernements ne
peuvent même pas faire un traité de peu d’importance sans que nous
y soyons secrètement impliqués…
Pour s’assurer l’opinion publique, il faut, tout d’abord, l’embrouiller
complètement en lui faisant entendre de tous côtés et de toutes
manières des opinions contradictoires, jusqu’à ce que les masses
soient perdues dans leur labyrinthe. Ils comprendront alors que le
meilleur parti à prendre est de n’avoir aucune opinion en matière
politique ; matière qui n’a pas été comprise du public, mais qui doit
être exclusivement réservée à ceux qui dirigent les affaires. Ceci est le
premier secret. Le second secret, nécessaire au succès de notre
gouvernement, consiste à multiplier à un tel degré les fautes, les
habitudes, les passions et les lois conventionnelles du pays que
personne ne soit plus capable de penser clairement dans ce chaos ;
les hommes cesseront ainsi de se comprendre les uns les autres…
Par tous ces moyens nous opprimerons tant les populations qu’elles
seront contraintes de nous demander de les gouverner
internationalement. Dès que nous aurons atteint une telle position,
nous pourrons aussitôt absorber toutes les puissances
gouvernementales du monde entier et former un Supergouvernement
universel. Nous remplacerons les gouvernements
276
existants par un monstre que nous appellerons l’administration du
Super-gouvernement. Ses mains s’étendront au loin comme de
longues tenailles et il aura à sa disposition une organisation telle qu’il
ne pourra manquer de soumettre toutes les nations. »
Que les Protocoles révèlent la source commune d’inspiration du
sionisme et du communisme est montré par les parallèles significatifs
qui peuvent être tracés entre les deux méthodes principales qui y sont
stipulées, et les méthodes principales suivies par le Dr Herzl et Karl
Marx :
Les Protocoles mettent à plusieurs reprises l’accent sur
l’exhortation de « la foule » contre la classe dirigeante comme le moyen
le plus efficace de détruire les États et les nations et de réaliser la
domination mondiale. Le Dr Herzl, comme il a été montré dans le
chapitre précédent, utilisa précisément cette méthode pour gagner
l’écoute des dirigeants européens.
Ensuite, Karl Marx. les Protocoles disent,
« L’aristocratie des masses, comme puissance politique, n’est plu…
mais, comme propriétaires fonciers, les aristocrates sont encore
dangereux pour nous, parce que leur indépendance est assurée par
leurs ressources. Il nous est donc indispensable de dépouiller à tout
prix l’aristocratie de ses terres… Il faut qu’en même temps nous
protégions le plus possible le commerce et l’industrie… Il est essentiel
que l’industrie draine toutes les richesses de la terre et que la
spéculation verse entre nos mains ces mêmes richesses ainsi
captées… »
Karl Marx suivit exactement cette formule dans son Manifeste
communiste. Il est vrai qu’il déclara que le communisme pourrait se
résumer en une phrase, « l’abolition de la propriété privée », mais par
la suite, il nuança ce dicton en limitant la réelle confiscation à la terre
et en impliquant que d’autres types de propriété privée devraient rester
intacts. (Dans l’événement marxiste postérieur, bien sûr, toute
propriété privée fut confisquée, mais je parle ici du strict parallèle
entre la stratégie fixée avant l’événement à la fois par les Protocoles et
par Marx).
Un passage d’intérêt particulier pour aujourd’hui, bien qu’il fût
écrit avant 1905, dit :
« Actuellement, si quelques gouvernements se rendent répréhensibles
à notre égard, ce n’est que pure formalité, et tout se passe avec notre
connaissance et notre plein consentement, car nous avons besoin de
leurs débordements antisémites pour maintenir dans l’ordre nos
frères inférieurs. »
Une caractéristique différente de notre ère est la manière dont
l’accusation « d’antisémitisme » est continuellement transférée d’un
pays à un autre, le pays ainsi accusé devenant automatiquement
277
l’ennemi spécifié dans la guerre suivante. Ce passage pourrait susciter
chez la personne prudente un regard sceptique sur les rapports
périodiques actuels de soudains retournements « antisémites » en
Russie communiste ou ailleurs.
La ressemblance avec les documents de Weishaupt est très forte
dans les passages qui touchent à l’infiltration des départements
publics, des professions et des partis, par exemple :
« Nous sommes la source d’une terreur s’étendant au loin. Nous
avons à notre service des gens de toute opinion et de tous les partis :
des hommes désireux de rétablir les monarchies, des socialistes, des
communistes et des partisans de toutes sortes d’utopies. Nous les
avons tous mis sous le harnais ; chacun, à sa manière, mine le reste
du pouvoir et essaye de détruire les lois existantes. Par ce procédé,
tous les gouvernements sont torturés ; ils hurlent pour réclamer le
repos ; et, pour l’amour de la paix, ils sont prêts à tous les sacrifices.
Mais nous ne leur laisserons aucune paix jusqu’à ce qu’ils aient
reconnu notre Supergouvernement international, et avec
soumission. »
Les allusions à la pénétration des universités en particulier et de
l’éducation en général, proviennent aussi directement de Weishaupt,
ou de la source antérieure, quelle qu’elle fût, dont il les reçut :
« … nous transformerons les universités… Les chefs et les professeurs
des universités seront spécialement préparés au moyen de
programmes d’action perfectionnés et secrets, dont ils seront
instruits et ne pourront s’écarter sans châtiment. Ils seront désignés
avec soin et dépendront entièrement du gouvernement. »
Cette pénétration secrète des universités (qui fut réussie chez les
Allemands à l’époque de Weishaupt, comme le montrent ses
documents) fut en très grande partie efficace durant notre génération.
Les deux représentants gouvernementaux britanniques qui, après leur
vol pour Moscou, paradaient devant la presse internationale en 1956,
pour déclarer qu’ils avaient été capturés par le communisme dans
leurs universités, étaient des produits typiques de cette méthode,
décrite par les Protocoles au début de ce siècle et par Weishaupt en
1787.
Les documents de Weishaupt parlent de la franc-maçonnerie
comme de la meilleure « couverture » à utiliser par les agents de la
conspiration. Les Protocoles attribuent la fonction de « couverture » au
« libéralisme » : « Lorsque nous eûmes injecté le poison du libéralisme
dans l’organisation de l’État, sa complexion politique changea ; les
États furent infectés d’une maladie mortelle : la décomposition du
sang. Il ne reste plus qu’à attendre la fin de leur agonie. »
Le terme « rêveurs utopiques », utilisé plus d’une fois, s’appliqué
aux libéraux, et sa source originale réside probablement dans
278
l’allusion de l’Ancien Testament aux « rêveurs de rêves » et aux « faux
prophètes » qui doivent être mis à mort. La fin du libéralisme, donc,
serait apparente au chercheur même si les Protocoles ne le spécifièrent
pas : « Nous déracinerons toute tendance libérale de chacune des
institutions de propagande importantes dans notre gouvernement,
institutions dont peut dépendre la formation de tous ceux qui seront
nos sujets. »
Les régimes « Big Brother » de notre siècle sont prédits de manière
très juste dans le passage : « Notre gouvernement aura l’apparence
d’une mission patriarcale dévolue à la personne de notre souverain. »
Le républicanisme, aussi, doit être une « couverture » pour la
conspiration. Les Protocoles sont particulièrement dédaigneux du
républicanisme, en lequel (et dans le libéralisme) ils voient l’arme
d’autodestruction forgée à partir de « la foule » : « … L’institution d’une
ère républicaine devint alors possible, et nous remplaçâmes le
souverain par sa caricature en la personne d’un président tiré par
nous de la foule et choisi parmi nos créatures et nos esclaves. »
Puis, les scribes inconnus de cette époque précédant 1905,
décrivent la position à laquelle les présidents américains ont été
réduits à notre siècle. Le passage commence par : « Dans un avenir
prochain, nous rendrons les présidents responsables. » Cela, comme la
suite le montre, signifie responsabilité personnelle, par opposition à
responsabilité restreinte par des contrôles constitutionnels ; le
président doit devenir l’un des « élus dictateurs » prévus
antérieurement, dont la fonction doit être de démolir les défenses
constitutionnelles des États et se préparer ainsi à l’ « unification…
sous notre domination »
Pendant les Première et Seconde Guerres mondiales, les
présidents américains devinrent vraiment, de fait, des « présidentsdictateurs
» dans ce sens-là, prétendant que « l’urgence » et le besoin
de la « victoire » dictaient cette saisie des pouvoirs de responsabilité
personnelle ; pouvoirs qui seraient restitués « au peuple » quand
« l’urgence » serait passée. Les lecteurs suffisamment âgés se
rappelleront à quel point cela paraissait inconcevable avant que cela
n’arrive, et de quelle manière passive cela fut ainsi accepté. Le passage
continue ensuite :
« La Chambre des députés élira, protégera et masquera le président ;
mais nous retirerons à cette Chambre son pouvoir d’introduire et de
modifier les loi. Nous donnerons ce pouvoir au président responsable,
qui sera comme une marionnette entre nos mains…
De plus, nous conférerons au président le pouvoir de proclamer l’état
de guerre. Nous expliquerons cette prérogative par le fait que le
279
président, étant le chef de l’armée, doit la tenir sous son autorité en
cas de besoin… Il est clair que, dans de telles conditions, la clef de la
situation intérieure sera entre nos mains, et nul autre que nous ne
contrôlera la législation…
Sous notre direction, le président interprétera les lois qui pourraient
être comprises de plusieurs manières. De plus, il annulera les lois au
cas où cela nous paraîtrait opportun. Il aura également le droit de
proposer de nouvelles lois temporaires et même des modifications
dans l’uvre constitutionnelle du gouvernement, invoquant pour cela
les exigences de la prospérité du pays.
De telles mesures nous permettront de retirer graduellement tous les
droits et toutes les concessions que nous aurions pu être tout
d’abord contraints d’accorder en nous arrogeant le pouvoir. Nous
aurons été obligés de les introduire dans la Constitution des
gouvernements pour dissimuler l’abolition progressive de tous les
droits constitutionnels, lorsque l’heure viendra de substituer notre
autocratie à tous les gouvernements existants. »
Cette prévision de 1905, ou d’avant, mérite particulièrement le
titre d’ « exactitude mortelle » de Lord Sydenham ». Les présidents
américains, dans les deux guerres de ce siècle, agirent comme il est
montré ici. Ils prirent bien le droit de déclarer et de faire la guerre, et
cela fut utilisé au moins une fois (en Corée) depuis la fin de la Seconde
Guerre mondiale ; toute tentative au Congrès ou à l’extérieur de les
priver de ce pouvoir ou de les restreindre dans leur utilisation se
heurte à une attaque violemment hostile.
Les Protocoles continuent ainsi. On n’accordera pas aux peuples,
dans leur progression « de désillusion en désillusion», « un moment de
répit. » Tout pays « qui ose s’opposer à nous » trouvera la guerre, et
toute opposition collective, la « guerre universelle. » On ne permettra
pas aux peuples « de lutter par la sédition » (voici la clé des attaques
furieuses des années 1790, 1920 et d’aujourd’hui contre toutes les
demandes d’ « investigation», la « chasse aux sorcières », le «
maccarthysme », et ainsi de suite).
Dans le super-État à venir, l’obligation incombera aux membres
d’une famille de dénoncer les dissidents à l’intérieur du cercle familial
(la dispense de l’Ancien Testament mentionnée antérieurement). « La
destruction complète de la religion chrétienne » ne sera pas retardée
longtemps. Les peuples seront maintenus dans la distraction par des
amusements insignifiants (« des palais populaires ») pour les empêcher
de devenir gênants et de poser des questions. L’histoire sera réécrite
pour les besoins de leur illusion (un autre précepte accompli depuis,
en Russie communiste), car « nous effacerons de la mémoire humaine
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le passé qui pourrait nous être défavorable, ne laissant subsister que
les faits où s’affirment indubitablement les erreurs des gouvernements
nationaux. » « Tous les rouages du mécanisme de l’État sont mus par
une force qui est entre nos mains, à savoir : l’or. »
Et à la fin de tout cela : Il faut que nous arrangions les choses de
façon qu’en dehors de nous, il n’y ait dans tous les pays qu’un
immense prolétariat, quelques millionnaires dévoués à notre cause,
des policiers et des soldats… La reconnaissance de notre despote…
partira du moment où le peuple, déchiré par les discordes et
souffrant de la faillite de ses dirigeants… vociférera : “Déposez-les, et
donnez-nous un chef mondial qui puisse nous unir et détruire toutes
les causes de dissensions, c’est-à-dire les frontières, les nationalités,
les religions, les dettes d’État, etc., un chef qui puisse nous donner la
paix et le repos que nous ne pouvons trouver sous le gouvernement
de nos souverains et de nos représentants”. »
Dans deux ou trois de ces passages, j’ai substitué « peuple » ou
« masses » à « Goy », parce que l’utilisation de ce mot touche à
l’affirmation infondée contenue dans le titre du livre, et je ne veux pas
embrouiller les questions ; la preuve de l’identité des auteurs de la
conspiration doit être cherchée ailleurs que dans une allégation non
prouvée. Les auteurs pouvaient être juifs, non-juifs ou antisémites.
C’est sans importance. Quand il fut publié, cet ouvrage était le
manuscrit dactylographié d’un drame qui n’avait pas encore été joué ;
aujourd’hui, cela fait cinquante ans qu’il se déroule, et son titre est Le
Vingtième siècle. Les personnages qui y sont dépeints évoluent sur
notre scène contemporaine, jouent les rôles prédits et génèrent les
événements prévus.14
Seul reste le dénouement - fiasco ou accomplissement. C’est un
plan grandiose, et selon moi, il ne peut réussir. Mais il existe depuis
au moins 180 ans, et probablement depuis beaucoup plus longtemps,
et les Protocoles ont fourni une nouvelle preuve dans une suite de
preuves qui s’est depuis grandement allongée. La conspiration pour la
domination mondiale via un État esclave mondial existe et ne peut
être, à cette étape, brusquement stoppée ou interrompue ; avec l’élan
qu’elle a pris, elle doit maintenant continuer jusqu’à l’accomplissement
ou l’échec. L’un ou l’autre sera destructeur pendant un temps, et
difficile pour ceux vivant à l’époque où se produira le dénouement.
14 La traduction française des Protocoles des Sages de Sion peut être trouvée en ligne sur
Wikipédia : http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Protocoles_des_Sages_de_Sion - NdT